Dimanche 19 août 2007
Après New York, New York, voici Singapour, Singapour. Singapour (+8h de décalage horaire) est a la fois une grande ville et un tout petit pays de 4.6 millions d'habitants. C'est là que j'ai atteri samedi dernier afin d'occuper mes 2 semaines de congès imposées par ma boite en août (dure la vie).

Demain je me mets en route pour un petit périple en Malaisie, dont je ne sais toujours pas exactement de quoi il sera fait. L'idée est de terminer à Kuala Lumpur (la capitale) pour la fête nationale, c'est à dire le 31 août. Je vais commencer par longer la cote ouest, et pour la suite, on verra.

forbidden.JPGArrivant d'Inde (via Colombo, Sri Lanka), le dépaysement n'en n'est que plus marqué. A Singapour, la vente de chewing-gum est interdite afin de limiter leur nombre sur les trottoirs, il est aussi interdit de manger ou de boire dans le MRT (le metro local), et vous pouvez même avoir une amende si vous ne tirez pas la chasse d'eau.

Moi je suis un d'jeunz qui ne respecte rien, alors hier quand on m'a proposé du chewing-gum de contrebande, j'en ai pris un sans hésiter. Et je me suis aussi risqué à tenter un panier à 3 points dans une poubelle publique. Si mon papier était tombé à coté dans la rue, j'aurais pu prendre 500 euros d'amende - ouh lala quel frisson. Heureusement je suis habile de mes mains, et avec les sous ainsi économisés je suis allé m'acheter un nouvel appareil photo.

Singapour est une ville super moderne. Bien que je n'y sois pas (encore) allé, elle me fait penser à Hong Kong. D'ailleurs, ces deux villes ont pour point commun de faire partie des 4 Dragons asiatiques.

Autre point commun, c'est le paradis de l'électronique. J'aime penser que j'ai payé mon nouvel appareil photo 30% moins cher comme j'ai pu le lire ici et là. Dans les faits, je l'ai déjà trouvé 10% moins cher dans d'autres boutiques, et encore moins sur internet. Mais ce qui compte c'est que je suis super content de mon nouveau Sony Cyber-shot T20, il est nickel, c'est le plus beau, je dors avec la nuit.

merlion.jpgSingapour est la deuxieme ville la plus densement peuplée au monde, derrière Monaco. Du coup, le prix des loyers est proche de ceux pratiqués dans notre capitale, alors que le coût de la vie est plutot deux fois moindre.

Moi je ne paye pas de logement, parce que je suis gratuitement hébergé chez l'habitant via le site CouchSurfing. L'idée de CS et des autres sites du genre est d'utiliser votre canapé pour dépanner des voyageurs de passage. Si cela vous inspire génial, un super moyen de rencontrer des gens des quatres coins du monde, alors vous avez le CS spirit.

Quelles sont les règles ? Qui faut-il heberger ? Comment on fait ? Et bien, comme vous êtes chez vous, donc vous faites comme vous le voulez. Mais pour vous donner une idée, voici comment ca se passe ici à Singapour.
csdinner.JPGChyka est une Singapourienne qui m'a contacté via le site car elle avait vu que je préparais un voyage dans sa ville. Après avoir échangé quelques mails, me voilà hébergé chez elle, plus précisement dans la chambre ou elle dort habituellement avec sa soeur.

Elle est venue me chercher à l'aéroport, m'a convié à des soirées ou à faire du shopping jusqu'a 3h du matin alors qu'elle travaillait le lendemain. Je rédige actuellement ce billet depuis son ordinateur pendant qu'elle dort par terre dans le salon, en compagnie de ses parents, de son grand-père et de sa soeur.

Je crois que ca résume assez bien le genre de leçons d'hospitalité que j'ai reçu au travers de ce site (il y en a beaucoup d'autres). Je ne voyage plus que comme cela depuis que j'ai decouvert ce concept il y a un an. J'ai rencontré des gens tout simplement extraordinaires.

try.JPGCertains hébergent en moyenne plus de 15 personnes par mois, d'autres vous expliquent les règles de leur maison "Règle numéro 1 : il n'y a pas de règle. Tu as faim ? Ouvre le frigo et sers toi. Tu veux laver ton linge ? La machine à laver est ici", et beaucoup vous confient le double des clés "va et viens comme tu veux".

Alors, prêts à tenter l'aventure ?

Au passage je donne le lien vers mon profil, les plus curieux y trouveront des photos de ma tête.
par Aurélien publié dans : Lieux visités
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Jeudi 16 août 2007
En Inde, le 15 août est aussi un jour férié. Mais ce n'est bien évidemment pas l'Assomption que l'on célèbre ici mais l'indépendance du pays. Cette année, cela fait 60 ans que les indiens ont bouté les Britanniques hors de leurs frontières, grâce entre autre au célibrissime Gandhi.

A Pondichéry, la statue du Mahatma a été illuminée pour l'occasion. Mis à part cela, je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé. Pas grand chose apparemment, en tous cas la patrouille d'Inde n'a pas survolé le ciel de Pondichéry et les chars n'ont pas défilé sur la promenade qui fait la fierté de la ville. Bizarre, car les indiens sont tout de même assez nationalistes.

Le 15 août, c'est aussi l'anniversaire de la naissance de Sri Aurobindo. Sri Aurobindo a lui aussi  milité pour l'indépendance de son pays, mais il est avant tout connu pour être avec La Mère à l'origine d'Auroville.


feux.JPGA l'occasion de cette journée particulière, l'ashram de Pondichéry a organisé une sorte de journée portes ouvertes, et il nous a été possible de visiter les appartements dans lesquels vivaient son fondateur.

Les aurovilliens ont bien évidement eux-aussi célébré cet évènement. Ils se sont réunis au moment de l'aurore (Auroville : la cité de l'aurore) autour d'un bonfire afin de méditer et d'écouter un discours enregistré de La Mère.

Ce genre d'évènement quelque peu tribal ne se produit que 3 fois par an (restent l'anniversaire de La Mère et  celui de la création d'Auroville).

gens.JPGComme je suis aurovillien depuis 1 mois maintenant (enfin, en tant que Guest), je me suis levé tôt pour être de la partie. J'avoue ne pas avoir beaucoup médité, car la méditation reste un concept assez vague pour moi. En fait, je suis assez hermétique à tout ce mysticisme qui entoure Auroville.

Cela dit, j'ai tout de même un peu médité à ma façon, c'est à dire en me perdant dans mes pensées. Tout en étant assis dans l'amphithéâtre à regarder ce feux, je n'ai pu m'empêcher de penser que la vie réservait tout de même de drôle de surprises.


matrimandir-roof.JPGQuand je suis venu au même endroit il y a 3 mois pour prendre une photo du Matrimandir, je me plaignais des bonhommes sur le toit de l'édifice qui gâchaient ma photo. Je ne me doutais pas que quelques temps plus tard, ce serait moi qui serait sur le toit en train de gâcher les photos des autres.

Sur la photo ci-contre, on voit le fameux amphithéâtre au centre duquel le feux faisait converger l'attention. Juste à coté se trouve une urne qui contient la terre rapportée par les représentants de 124 pays au moment de l'inauguration de la cité, il y a bientôt 40 ans. Je vous renvoie vers un autre blog pour plus d'informations.

Cette photo a été prise par un Aurovillien qui participe a l'aventure depuis quasiment le début. J'avais brièvement discuté avec lui lors du 14 Juillet, et on avait convenu que je vienne le voir afin de discuter "de tout ça". Il s'est avéré qu'il oeuvre à la construction du Matrimandir, et du coup je l'ai suivi un peu partout jusque sur le toit.

Nous avons pas mal discuté, sans parler dans le vide loin de là. J'ai rencontré quelqu'un de brillant et de très intéressant, avec les pieds sur terre et la tête dans les étoiles. Auroville ce n'est donc pas qu'une utopie, mais aussi des gens actifs qui bâtissent des choses. J'ai vraiment beaucoup apprécié cette rencontre.
bug_fck
par Aurélien
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Samedi 11 août 2007
Jusque là, je m'étais fait mienne la phrase ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Cependant, j'ai récemment exploré les limites de cette devise, en allant m'écraser la tête contre le sol alors que je roulais en moto. Cela faisait 2 semaines que je disais que j'allais m'acheter un casque, mais se protéger la tête n'est pas encore entré dans les moeurs par ici, alors je n'ai pas trop culpabilisé a laisser traîner les choses.

J'ai longtemps hésité à donner les détails de mon accident, et j'ai finalement décidé de le faire, en espérant que cela incitera quelques touristes/expatriés à porter un casque. A peu près tout le monde est d'accord sur son utilité, mais presque personne n'en porte. Alors voilà le récit de ce qui peut être évité en dépensant 10€.

Cela faisait 50 Km que nous roulions à 4 motos vers Sinje,  une ville située a 60 Km de Pondichéry.  Deux motos m'avaient distancé, car j'avais un peu ralentit pour rétablir le contact avec la quatrième que nous avions perdu de vue depuis un petit moment. La route était quasiment déserte, je roulais aux alentours de 65-70 Km/h, quand un tracteur qui venait vers moi sur le coté gauche de la route (rappel : on roule a gauche ici) m'a coupé la trajectoire alors que j'arrivais à sa hauteur. Je suis parti vers la droite pour l'éviter, mais j'ai finalement heurté sa roue avant, et j'ai perdu connaissance. C'est la première fois de ma vie que cela m'arrive, c'est assez étrange, on s'endort soudainement, c'est presque agréable.

Par contre, le réveil est un cauchemar. Apparemment, je ne suis pas resté inconscient très longtemps, une minute peut être. Comme tiré brutalement d'un sommeil très profond, j'ai hésité quelques secondes avant d'être obligé d'accepter que tout était bien réel. Et là, ça a été le début de l'horreur, car je n'étais pas seul sur la moto, mais accompagné d'une copine appelée Sophie. Je l'ai retrouvé inanimée sur le sol, le visage ensanglanté par une plaie béante de 5 centimètres de long en travers du front, le genre de plaie qu'on est pas habitué a voir, et qui glace le sang. La retrouver ainsi par terre, avec l'impression de voir sa cervelle, et réaliser qu'on est dans un endroit paumé à au moins une heure du premier hôpital, c'est vraiment une situation que je ne souhaite à personne.

Pour ma part, j'ai assez vite repris mes esprits, mais ce n'est que pour mieux me sentir désemparé. Car autour de nous, tout un tas de gens regardent la scène, mais personne ne parle anglais. Je demande un taxi, je ne comprends pas ce que l'on me répond. Je ne sais pas où on est, je ne sais pas comment en partir, je ne sais pas où aller, je ne sais pas comment réveiller ce corps immobile, qui garde les yeux ouverts.

Heureusement, on a eu beaucoup de chance dans notre malheur. Tout d'abord, on a heurté de biais la petite roue avant d'un tracteur, ce qui nous a permis de passer par dessus bord et de chuter sur un terrain « libre ». Si l'on avait heurté la cuirasse métallique de l'engin, eh bien... L'autre gros coup de chance est que le dernier motard qui se trouvait derrière nous était un ami tamoul, parlant parfaitement français, et qui a été d'un grand secours. Enfin, une ambulance est passée par là dans les 5 minutes de notre accident, et elle a daigné s'arrêter. Ici, une ambulance n'est rien d'autre qu'une camionnette un peu aménagée et équipée d'une sirène. Il n'y a aucun équipement ou personnel médical à bord, mais c'était un bon moyen de se mettre en route vers l'hosto. En y montant, Sophie est enfin lentement revenue à elle.

Elle a alors eu envie de vomir, et m'a dit que ce n'était pas bon signe du tout, que c'était le symptôme d'un hématome au cerveau (elle est étudiante en médecine). J'ai cherché un récipient pour qu'elle vomisse, on m'a répondu qu'il fallait qu'elle vomisse par la fenêtre - c'est le genre de détails qui n'aide pas à se rassurer. Puis j'ai à mon tour eu envie de vomir, et là l'anxiété est encore monté d'un cran : je me suis dit qu'on était tous les deux en train de devenir des légumes.

Sur décision de notre ami tamoul, on s'est rapidement arrêté pour emprunter un taxi, qui est plus rapide. Mais on commencera par s'arrêter pour faire de l'essence. Ça a été le moment le plus difficile je crois, parce que j'ai perdu la vision de mon oeil gauche, ce qui a confirmé mes craintes d'un hématome au cerveau. Et puis aussi j'ai osé mieux regarder la plaie au front de Sophie, et il m'a semblé qu'elle avait le crâne défoncé vers l'intérieur, je m'étonnais qu'elle puisse encore parler.

Durant la suite du trajet, qui a duré un peu plus de trois quart d'heure (pour moi, il a duré 10 minutes), notre envie de vomir est passée, ma vision est revenue, et on s'est un peu rassuré au sujet de l'hématome. Arrivé à  l'hôpital, j'ai dû faire preuve de beaucoup de sang froid et de persuasion pour obtenir un scanner du cerveau que l'on nous refusait. C'est le genre de moments où plus rien ne compte, on est prêt à s'endetter à vie pour acheter la machine s'il le faut. A ce sujet, heureusement qu'avant de monter dans l'ambulance j'avais eu la présence d'esprit de récupérer mon sac à dos qui contenait toutes nos affaires, en particulier mon argent. Car il a tout fallu payer d'avance pour bénéficier du moindre soin.

Au final on s'en tire extrêmement bien, aucun organe vital n'est touché. Je suis resté hospitalisé une journée, et Sophie a été rapatriée en France au bout de quelques jours afin de surveiller sa blessure à la jambe et y effectuer sa convalescence (qui va durer quelques semaines). Pour sa blessure au visage, il semblerait que les chirurgiens indiens aient fait un bon travail et que la cicatrice disparaisse d'ici quelques mois. Moi je m'en suis tiré sans même un seul point de suture. J'ai juste quelques grosses égratignures et deux dents cassées sous l'effet du choc.

J'ai reloué une moto le lendemain de ma sortie, parce qu'on ne peut rien faire sans, et que j'avais beaucoup à faire. J'ai aussi pensé au proverbe quand on tombe de cheval il faut remonter tout de suite. Pendant plusieurs jours je me suis interrogé sur ma capacité à survivre dans ce pays et me suis demandé si je n'allais pas rentrer en France, tellement je trouvais les routes dangereuses. Je me suis ressaisi depuis, mais il n'en demeure pas moins que conduire en Inde est vraiment risqué. Cela fait 1 mois que je suis à Pondichéry, et dans mon entourage, 4 personnes ont eu un accident de moto, ce qui fait une moyenne d'un accident par semaine, sans compter le mien. Le dernier s'est produit hier soir, un ami est allé s'empaler sur une barre métallique transportée par un chariot. La barre l'a miraculeusement frôlé, de tellement près qu'il en a été égratigné. Bien sûr, il est aussi ouvert à la tête, mais ce n'est pas grave. Par contre, il est toujours sous le choc.

Je ne veux pas jouer aux pères moralisateurs, mais si vous louez une moto, la première chose à faire est d'aller vous acheter un casque, c'est vraiment indispensable. Cela vous évitera de porter à vie une cicatrice au milieu du visage (dans le meilleur des cas), et de vivre un moment éprouvant comme je l'ai vécu. N'attendez pas d'avoir vu le sang couler pour réaliser ce que c'est que d'avoir peur pour sa santé mentale, ça n'en vaut vraiment, mais vraiment pas la peine.
par Aurélien
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Jeudi 2 août 2007
consulat.JPGPour la fête nationale, nous avons dégoté des invitations afin de venir au Consulat de Pondichéry s'empiffrer de saucisson et de champagne aux frais de l'Etat Français. Ne t'inquiète pas, on a trinqué à ta santé cher contribuable.

Normalement, il suffit d'être français pour pouvoir venir à la soirée. Mais à Pondy ça ne suffit plus : il faut désormais être invité, c.a.d avoir reçu un carton où la "consulette" comme on l'appelle ici vous prie de lui faire l'honneur de votre présence. Il y a donc des français qui eux, sont priés de rester chez eux.

danse.JPG
On ne sait pas trop pourquoi. Il semblerait que certains français (les francos-pondichériens, c.a.d les indiens qui ont la nationalité française) abuse un peu sur l'alcool, et que cela finisse par dégénérer.
En tous cas c'est ce qui se raconte quand on a épuisé le sujet des spécialités culinaires importées de métropole ou celui du feux d'artifice annulé pour cause de deuil national suite au décès de l'ancien premier ministre indien.

Le résultat est que cette année on était une majorité de blancs (sur environ 400 personnes), ça a fait bizarre à certains.

L'autre nouveauté, que tout le monde a apprécié, c'est l'ambiance un peu moins prout-prout et un peu plus festive, avec DJ, bal musette et même l'immanquable symbole d'une soirée à la française bien réussie : la chenille. C'était donc une soirée bien sympa, je pense que tout le monde a apprécié. J'ai même vu pour la première fois des indiennes se lâcher (un peu) en public.

ferrerorocher.jpg J'ai aussi pu discuter avec pas mal de monde, notamment avec la consulette afin de me plaindre qu'il n'y avait pas de Ferrero Rocher. Oui bon, je sais, ça doit être la 500ème fois qu'on lui fait la blague, mais elle a quand même rigolé.

Puis elle m'a expliqué, très sérieusement, que ça n'a jamais été le cas dans aucune réception d'ambassade, et que le bon goût de Monsieur l'Ambassadeur était une pure invention de Ferrero. Ce 14 Juillet 2007, un de mes derniers rêves d'enfant s'est évanoui.
par Aurélien
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Dimanche 22 juillet 2007
Début Juillet, nous avons cherché à être logés ailleurs que dans la maison que l'entreprise loue comme bureau. Après avoir trouvé une maison de rêve située en plein milieu des champs et des montagnes, nous avons eu la déception de ne pas pouvoir la louer parce que nous étions blancs. Alors, avec le départ de Salem qui se profilait, nous avons trouvé une solution intermédiaire : loger dans une lodge.

cafard.JPGUne lodge, au niveau tarifs, ça se situe entre la guest-house et l'hôtel (7€ la chambre pour 2). Je n'ai pas bien saisi la nuance avec un hôtel, le terme lodge doit juste vouloir dire hôtel pas propre. On a eu le choix entre la chambre qui puait la cigarette et celle qui puait la semoule - on a opté pour la semoule.
Les hôtels, eux, sont on général assez propres. Y'a bien quelques cafards qui vous tiennent compagnie, mais bon, on est en Inde, alors faut faire avec. Les cafards, personnellement, ça me pose pas trop de probleme, sauf peut être quand ils viennent se poser sur vous quand vous dormez (bon, ça m'est arrivé juste une fois, et il était petit).

billets.JPGDonc, après avoir pris les renseignements à la lodge, nous y sommes retournés pour prendre la chambre qui sentait la semoule. Elle avait soit disant été nettoyée, mais bon, ça puait au moins autant, et y'avait toujours ces drôles de taches sur nos draps. Nous avions bien pris soin d'emporter des sacs avec nous, meme si on comptait retourner s'y installer le soir.
Car dans le Tamil Nadu (et peut être ailleurs), il existe une loi qui autorise les hôteliers à ne pas vous louer de chambre si vous n'avez pas de sac. Mon boss s'en est aperçu a ses dépends le jour où il est allé récupérer ses affaires arrivées par bateau :

  •  
  • On va vous montrer votre chambre... Ou est votre sac ? 
  • Je n'ai pas de sac 
  • Vous n'avez pas de sac ? 
  • Non... 
  • Pas de sac, pas de chambre!

Il rouspète, etc... Mais le bonhomme ne veut rien entendre. Alors il part chercher un autre hôtel, mais bien sûr ils sont tous complets. Il a d'abord la mauvaise idée de demander de l'aide aux policiers, qui lui feront simplement perdre du temps (mais pas d'argent, c'est toujours ça). Puis il décide d'acheter un petit sac dans une boutique, qu'il fait bourrer de cartons (on imagine la tête du vendeur...), et retourne au même hôtel, avec son nouveau sac au dos et la bouche en coeur :

  •  
  • Bonsoir monsieur, que puis-je pour vous ? 
  • Booonsoooiiiiir, je voudrais une chambre pour la nuit 
  • Aaahhhh désolé monsieur, mais nous sommes complets 
  • Mais il y a pourtant plein de clés libres sur le panneau derrière vous 
  • Aaahhh non non non, désolé monsieur, nous n'avons plus de chambres

Finalement, le ton monte un peu, et l'hôtelier finit à contre-coeur par lui louer une chambre.

Mais alors, pourquoi tout ce cinéma ? Eh bien, la réponse est aussi simple qu'elle est surprenante : c'est de la superstition. Si vous venez louer une chambre alors que vous n'avez pas de sac, les tamouls pensent que c'est pour vous suicider. Donc pas de sac, pas de chambre!
par Aurélien publié dans : Différences culturelles
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Lundi 2 juillet 2007
J'ai réussi à garder l'info secrète un certain temps, mais maintenant que ma maman est au courant, je peux lâcher le scoop : je me suis rasé la tête. Bon, c'est pas tout à fait la boule à zéro, mais il ne me reste plus que cette étape. Voilà pour le scoop. Comme c'est un peu léger comme info après avoir laissé passer plus de deux semaines sans me muscler les doigts sur mon clavier QWERTY en copiant-collant des lettres accentuées depuis le clavier visuel de Windows, j'ai décidé de vous présenter officiellement mon collègue Florent. Il a été embauché en même temps que moi pour ce V.I.E. C'est avec lui que je me ballade le week-end, et essaye de tuer le temps à Salem durant la semaine.

Il y a deux semaines, on s'est fait un autre week-end à Pondichéry et à Auroville. On y a fait du shopping et on s'est acheté tous les deux un modèle du fameux longhi qui m'a valu de nombreux regards rieurs lors de mes premiers jours en Inde.

Mais bon à l'époque je ne savais pas le porter. Maintenant j'ai trop la classe avec, jugez par vous même sur la photo. Au cas où, je précise que je suis à droite, mais est-ce vraiment la peine à partir du moment où j'ai dit que j'avais la classe ?

Le mec à côté de moi, qui essaye d'avoir du style, c'est Florent. Quand il a vu que j'avais ouvert mon blog et que des filles venaient me laisser des messages, et bien il s'est empressé de faire pareil. Voici son blog : Indian Walkabout.

Malheureusement pour lui, ça ne marche pas très fort, et son BlogRank continue de tutoyer les pâquerettes. Alors faites un geste : rendez-lui une petite visite. Vous glanerez au passage quelques infos sur ce que j'ai fait les week-end précédents, sous un point de vue différent.

J'en profite pour remercier tous ceux qui ont pris la peine de me laisser un commentaire, en particulier ceux à propos de Sivaji, The Boss qui ont été particulièrement intéressants (les autres, allez vous faire voir). Depuis que je suis dans la blogosphère, je découvre le petit plaisir qu'est celui de recevoir un mail informant qu'un commentaire a été posté. "Chouette, un commentaire! Oublions ce fichu code C++ et regardons ce que notre visiteur a écrit!".

Alors, ami lecteur, s'il te vient à l'esprit de m'écrire que j'ai une tête de suppositoire ou que j'ai confondu mon longhi avec une nappe de table,  ne gâche pas mon petit plaisir de la journée, et soit plus nuancé dans tes propos. Par exemple, "Tu n'as pas peur d'attraper une insolation ?" ou bien "C'est pas facile à accorder les couleurs de ton longhi, tu devrais le garder pour la maison."
par Aurélien
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Vendredi 15 juin 2007
Depuis que je suis en Inde, je me demande comment les indiens font pour s'amuser. Il semblerait qu'ils passent leur vie à se coucher et se lever tot, sans rien faire pour se distraire. On m'a expliqué qu'ils n'ont pas notre culture de l'amusement. Mais ce soir, je crois que j'ai enfin trouvé une réponse. Quand un indien veut s'éclater, il ne va pas danser en discothèque, non, il va au cinéma.

affiche.jpgAujourd'hui, vendredi 15 Juin, c'était la sortie d'un film très très attendu : Sivaji, The Boss. Je ne sais pas depuis combien de temps il est annoncé, mais j'en entends parler depuis que je suis arrivé, il y a 1 mois et demi.

L'acteur principal est une super star : Rajinikanth. Un indien m'a expliqué que les scénaristes ne pouvaient pas lui confier un rôle où il finirait mort, car ce serait l'émeute assurée. Alors on lui a confectionné un rôle à la mesure de son prestige. Sivaji, The Boss est en effet le film qui a reçu le budget le plus élevé de toute l'histoire du cinéma indien!


spectateurs.jpgPas question de rater une telle sortie. Alors hier soir, on est allé acheter des places au marché noir (300 roupies la place, ça doit être au moins 10 fois le prix) pour voir à quoi ressemble une super production locale.

Et on n'a pas éte déçus. La sortie de ce film est je pense au moins comparable à celle d'un film comme Starwars : c'était vraiment la follie.
Déjà, quand on est entré dans la salle, et que les indiens ont apperçu nos deux têtes de blancs, on a eu droit à une véritable ovation de toute la salle (des hommes a 95%). Le ton était donné.

Mais alors quand le film a démarré, ca a vraiment été la follie. Tout le monde criait et sifflait, certains se levaient et faisaient tourner leur T-shirt en l'air, bref, une véritable ambiance de salle surchauffée.

Petit aperçu du moment où les lumières se sont éteintes : 



Le film a duré un peu plus de 3 heures, avec une entracte. C'était un mélange de Matrix, de Tigre et Dragon et de Grease. Il y avait aussi de petites scènes d'humour à la Pierre Richard, et beaucoup de baston bien sûr.

De temps en temps le film est en quelque sorte interrompu par le clip d'une chanson : 



Il s'agit en fait des meilleurs moments. J'ai été le premier surpris de vraiment adorer ces passages musicaux. L'actrice principale dansait comme une déesse, les décors étaient magnifiques, la musique vraiment excellente, et les effets spéciaux se mêlaient habilement aux chorégraphies élaborées.

Tout cela mélangé avec l'ambiance surexcitée du public, et bien c'était simplement grandiose. Ce sont ces passages que j'ai de loin le plus aimé. Je dois cependant avouer que ne rien comprendre aux dialogues (le film étant en tamoul) n'aide pas a se passionner pour l'intrigue.

Force est donc de reconnaitre que The Boss mérite bien son titre, et que le cinéma indien m'a très aggréablement surpris.
par Aurélien publié dans : Différences culturelles
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Mercredi 6 juin 2007
Quand j'étais au lycée, le fantasme de l'un de mes meilleurs copains était de récupérer un vieux bus, de le retaper en discothèque ambulante et de faire le tour du monde avec. J'ai eu une petite pensée pour lui ainsi que pour son projet lorsque j'ai pris le car gouvernemental entre Salem et Pondichéry.

Car dans ce car gouvernemental, j'y ai retrouvé pas mal des ingrédients qui caractérisent une soirée en boite de nuit.

bus.JPGPour commencer, tout le monde commence par s'entasser dans un endroit surchauffé et trop petit en prenant d'assaut les banquettes libres. Ceux qui ne sont pas arrivés à jouer des coudes passent leur soirée debout ou par terre.


Puis vient le moment où le bus se met en route. Ceux qui sont debout se tiennent aux barres verticales et suivent le ryhthme des amortisseurs tels des danseurs en trance, tandis que les autres essayent de dormir dans des positions dignes des meilleurs contorsionnistes.


Le chauffeur éteint alors les lumières. De petites lampes bleues assurent le relais, et ne manquent pas de rappeler les spots lumineux d'une piste de danse. Combinées a l'effet stroboscopique des lumières de la circulation ambiante, cela donne l'impression d'y être.

Il ne manque plus que la musique. Pour cela, on peut faire confiance à notre chauffeur, qui en plus d'être un roi de la piste, possède aussi des talents de DJ. Et il ne faut que quelques minutes de patience pour que les nombreux haut parleurs du bus se mettent soudainement à saturer sous le volume trop élevé de sa sélection musicale. Certains se mettent alors à reprendre en choeur les chansons les plus populaires (c'est à dire toutes) : cette fois, on y est vraiment.

De routes nationales en pistes musicales, mon premier voyage à l'indienne s'est terminé vers 6h du matin. Tout comme après une bonne soirée en discothèque, j'étais complètement creuvé. La seule différence est que je ne puais pas la cigarette, et que le ticket d'entrée était nettement moins cher : à peine plus d'1 euro pour aller de Salem à Pondy (~200 Km).

Au retour, nous avons pris un KPN, c.a.d un bus couchette. Si l'on fait abstraction de l'odeur d'urine ambiante et de la climatisation trop forte, c'est autrement plus confortable, davantage même que le bus que j'avais pris entre New York et Montréal. On a même eu droit à une petite couverture pour nous aider à supporter la climatisation. Car les indiens aiment bien mettre la climatisation trop fort. Je suppose que grelotter de froid quand il fait 40 degrés dehors doit être perçu comme du luxe. Bien sûr les KPN ne sont pas au même tarif que les cars gouvernementaux (3 fois plus cher).

A choisir entre les deux, j'hésite un peu. Car voyager en car gouvernemental rajoute un peu de piment au voyage. Et ce genre de piment là, j'aime bien. Chercher sa correspondance à 4h du matin au milieu des écritaux en tamoul, dormir par terre sur le quai au milieu des indiens et du courier qui attend d'être livré, ca me plait. Je vais m'équiper en conséquence, et renouveler l'expérience du car gouvernamental, c'est sûr.
par Aurélien publié dans : Transports
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Mardi 5 juin 2007
Ce vendredi, Florent, l'autre V.I.E embauché au meme titre que moi, est venu nous rejoindre ici en Inde. Alors nous sommes allés le retrouver à Pondichéry et avons passé le week-end là bas.

Ce fut un week-end assez riche et productif. Tout d'abord, nous avons effectué un baptême de plongée dans une des seules piscines du coin, et en avons profité pour nous baigner dans le golf du bengale.

Puis il y a eu cette soirée dans un bar / restaurant un peu branchouille de Pondy, le genre de soirée où on peut manger du beuf, boire des cocktails et danser sur de la musique des années 60 en compagnie de quelques autres occidentaux et indiens occidentalisés. C'est la saison basse en ce moment, alors on a eu de la chance d'avoir une telle soirée d'organisée pendant notre passage.

Apres avoir discuté avec le DJ et brulé le dancefloor pieds nus (en fait c'est plutôt mes pieds qui ont brulé sur le ciment), j'ai tapé la causette avec pas mal de monde, notamment avec des jeunes d'Auroville. C'est assez marrant de discuter en français avec quelqu'un qui ne parle soit disant pas français et qui soudainement se met à parler tamoul aux serveurs...

Plein de nationalités représentées ce soir là : Islande, Etats Unis, Australie, ... et francais bien sûr, mais c'était pas les plus sympathiques...

florent-moto.JPGMais on reste en Inde, alors c'est extinction des feux à 12h30. On a suivit un groupe d'autres français, super sympas ceux-la. Ils nous ont porté sur leur motos pour improviser un rodéo dans les rues de Pondichéry by night, à la recherche d'un endroit où continuer la soirée.

Finalement on est allé assez loin en dehors de Pondichéry, près de la plage, pour s'incruster à la soirée d'anniversaire d'un indien franchement occidentalisé. Là aussi, c'était marrant de rencontrer des jeunes tamouls cette fois-ci parlant un français impeccable.


On a discuté avec pas mal de monde, pris d'autres contacts... Au final j'ai récupéré une dizaine de numéros de téléphones / emails pour revenir bouger sur Pondy/Auroville. Soirée sympa et productive donc. On s'est fait ramené en voiture par des mecs completement bourrés. Un peu flippant, mais on est arrivés entiers.

Le lendemain, j'ai eu droit a une leçon de moto de la part d'Isabelle, une amie de Pondichéry, qui m'a ensuite gentillement prêté sa moto pour que j'aille me confronter à la circulation indienne.

J'étais pas super à l'aise pour conduire à gauche avec un engin dont je venais d'apprendre les rudiments, mais la quinzaine de kilomètres effectués m'ont bien plus. Rouler cheveux dans le vent avec mes lunettes et mon Ganesh tatoué (au henné) sur le bras, ca m'a rendu impatient d'avoir ma propre moto a Salem.
par Aurélien
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Mardi 29 mai 2007
Il y a quelques jours, j'ai découvert près de la maison l'équivalent local de la FNAC. En terme de superficie et de choix, il tient difficilement la comparaison, mais pour le reste, c'est tout à fait respectable : magasin tout neuf, tout prope, climatisé, avec librairie, papeterie, CD originaux, etc...

J'ai entre autre acheté un CD-ROM contenant des histoires animées pour les enfants, avec possibilité de choisir entre l'Anglais ou le Tamoul, pour 99 roupies (2€). Malheureusement ce n'est pas sous-titré, donc mon idée de m'en servir comme support pour tenter de comprendre quelque chose au Tamoul tombe à l'eau. Mais j'ai quand même regardé les histoires avec lesquelles les parents tamouls divertissent et éduquent leurs braves petits. Et je crois avoir mis le doigt sur ce qu'on appelle une différence culturelle.

Voici mon histoire préférée : La tortue stupide.

foolish-turtle.JPG
Il était une fois une tortue qui était copine avec 2 oies. Un jour, à cause de la sécheresse, sa survie fut menacée. Alors elle demanda à ses amies de l'emmener dans un endroit lointain plus clément.

Les oies mettèrent en garde la tortue qu'elle risquait de lâcher prise durant son voyage et donc de finir écrasée sur le sol. Mais notre cher reptile leur assura que jamais elle ne ferait queque chose de si stupide.


foolish-turtle-2.JPG
Nos trois amis s'envolèrent donc à travers champs et comtés, provoquant l'admiration des badauds, qui ne manquèrent pas d'acclamer bruyamment ce trio volant.



Tout ce tumulte déplut fortement à la tortue qui ne manqua de protester verbalement. Ce faisant, elle lâcha prise, et donna raison à ses amies en allant s'écraser lamentablement sur le sol.


Une morale vient alors clore l'histoire : Nous devrions réfléchir avant de faire quelque chose.

we-should-think.JPG
Le CD-ROM contient ainsi 10 histoires illustrant de cette manière les principes moraux qui gouvernent notre existence dans la société, tout cela au travers de la magie de l'animation et d'un langage facile à comprendre, afin que ce soit fun pour les enfants.

Voici quelques une des autres morales illustrées :

common-sens.JPG
think-before-act.JPG
Ces dessins animés me rappellent les Happy Tree Friends, de mignones petites créatures à qui il arrive horreurs et malheurs. Sauf que chaque épisode des Happy Tree Friends est précédé d'une mise en garde "Violence animée déconseillée aux petits enfants et aux grands bébés".

Alors qu'en Europe on se demande si les Télétubies ne développent pas l'homosexualité chez les plus petits, il faut croire que les parents indiens se posent moins de questions et ne craignent pas d'exposer leurs enfants à des univers un peu moins aseptisés que par chez nous.
par Aurélien publié dans : Différences culturelles
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