Mardi 29 mai 2007
Il y a quelques jours, j'ai découvert près de la maison l'équivalent local de la FNAC. En terme de superficie et de choix, il tient difficilement la comparaison, mais pour le reste, c'est tout à fait respectable : magasin tout neuf, tout prope, climatisé, avec librairie, papeterie, CD originaux, etc...

J'ai entre autre acheté un CD-ROM contenant des histoires animées pour les enfants, avec possibilité de choisir entre l'Anglais ou le Tamoul, pour 99 roupies (2€). Malheureusement ce n'est pas sous-titré, donc mon idée de m'en servir comme support pour tenter de comprendre quelque chose au Tamoul tombe à l'eau. Mais j'ai quand même regardé les histoires avec lesquelles les parents tamouls divertissent et éduquent leurs braves petits. Et je crois avoir mis le doigt sur ce qu'on appelle une différence culturelle.

Voici mon histoire préférée : La tortue stupide.

foolish-turtle.JPG
Il était une fois une tortue qui était copine avec 2 oies. Un jour, à cause de la sécheresse, sa survie fut menacée. Alors elle demanda à ses amies de l'emmener dans un endroit lointain plus clément.

Les oies mettèrent en garde la tortue qu'elle risquait de lâcher prise durant son voyage et donc de finir écrasée sur le sol. Mais notre cher reptile leur assura que jamais elle ne ferait queque chose de si stupide.


foolish-turtle-2.JPG
Nos trois amis s'envolèrent donc à travers champs et comtés, provoquant l'admiration des badauds, qui ne manquèrent pas d'acclamer bruyamment ce trio volant.



Tout ce tumulte déplut fortement à la tortue qui ne manqua de protester verbalement. Ce faisant, elle lâcha prise, et donna raison à ses amies en allant s'écraser lamentablement sur le sol.


Une morale vient alors clore l'histoire : Nous devrions réfléchir avant de faire quelque chose.

we-should-think.JPG
Le CD-ROM contient ainsi 10 histoires illustrant de cette manière les principes moraux qui gouvernent notre existence dans la société, tout cela au travers de la magie de l'animation et d'un langage facile à comprendre, afin que ce soit fun pour les enfants.

Voici quelques une des autres morales illustrées :

common-sens.JPG
think-before-act.JPG
Ces dessins animés me rappellent les Happy Tree Friends, de mignones petites créatures à qui il arrive horreurs et malheurs. Sauf que chaque épisode des Happy Tree Friends est précédé d'une mise en garde "Violence animée déconseillée aux petits enfants et aux grands bébés".

Alors qu'en Europe on se demande si les Télétubies ne développent pas l'homosexualité chez les plus petits, il faut croire que les parents indiens se posent moins de questions et ne craignent pas d'exposer leurs enfants à des univers un peu moins aseptisés que par chez nous.
par Aurélien publié dans : Différences culturelles
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Vendredi 25 mai 2007
Aujourd'hui, j'ai enfin achevé de m'enregistrer auprès de la police : "Now, you are in India". Je vais pouvoir ouvrir un compte en banque, et faire diverses autres choses qui devraient me rendre un peu plus autonome.

L'enregistrement a la police a été commencé dès notre arrivée, il y a un peu plus de deux semaines. Pour cela, j'ai du donner tout un tas de documents (photocopie du passeport + VISA, photo d'identité, fiche de renseignement, lettre de présentation, garanties financieres...) en 7 exemplaires. Oui oui, sept exemplaires.

Je ne me souviens plus du parcours suivi par chacun de ces 7 exemplaires le long des méandres de l'administration indienne, si ce n'est que l'un d'entre-eux est passé par le commissariat local, situé à 200 metres de notre maison. A cette occasion, le policier chargé de signer le papier (ce qui permet de finaliser la procédure) avait envie de me voir. Alors, toujours en compagnie de Bibi, notre contact local, je suis allé me "montrer". En fait, c'était surtout mes sous qu'il voulait voir.

On est donc allé au poste de police, je me suis assis et j'ai observé passivement la scène qui a duré 5 minutes. Il a agraffé ma photo sur un dossier (que j'avais apporté pour ne pas me faire taxer à nouveau), mis un papier dedans, et puis voilà, c'était fini. On est ressorti, et on est resté dehors à attendre sans raison pendant quelques minutes : Wait and see what's going on. Ok.

Le policeman finit par sortir à son tour, l'air de rien. On le suit un peu à l'écart, et Bibi discute avec lui. Moi je reste à proximité, le nez en l'air, faisant mine de ne rien comprendre à ce qui se passe. Le policeman réclame 400 roupies (8€), mais Bibi me dit de ne lui en donner que 200, et lui explique qu'on lui donnera le reste plus tard (il attend toujours...).

Il faut payer, chouette, c'est enfin à moi d'intervenir. Mais le policier fuit mon regard, mon plan de jouer l'étonné et de demander des précisions tombe à l'eau. Je prends mon portefeuille, sors tranquillement 200 roupies, et demande "Est-ce que je peux avoir une facture ? Demande lui une facture." Ca fait brièvement rire Bibi, mais il refuse de traduire ma demande. Ah là là, il est pas joueur.

Je donne les sous à Bibi, parce que le policeman ne veut pas que ce soit moi qui les lui file directement (je ne sais pas pourquoi, peut être un peu de honte vis à vis d'un étranger). S'en suit alors une scene de film où Bibi fait mine de serrer la main au policier pour lui dire au revoir, et lui dépose les billets dans un papier replié qu'il tient entre ses mains. Wahou, c'est comme à la télé, j'ai l'impression d'acheter de l'héroine.

Plus tard, Bibi m'a demandé si c'était la premiere fois que je refilais un bribe. Ca alors, comment as-tu deviné ? Il m'explique qu'ici c'est courant, qu'on peut pratiquement tout acheter, depuis le permis de conduire au diplome d'ingénieur. Ce qui est étrange, c'est que plus on monte dans la hiérarchie, moins il y a de corruption semble-t-il (de ce genre du moins), car il y a davantage de surveillance. Alors j'ai demandé à Bibi : "Mais alors, les policiers gradés gagnent moins d'argent que ceux qui ne le sont pas ?" Il m'a répondu que j'avais raison, en rigolant.

N'empêche que je n'ai pas compris l'astuce. Si effectivement ils peuvent s'en mettre moins facilement dans les poches quand ils gravissent les échelons, quel est leur motivation a évoluer ? "Vous n'avez pas atteint vos objectifs cette année, nous avons décidé de vous sanctionner : vous etes promu commissaire."
par Aurélien publié dans : Différences culturelles
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mardi 22 mai 2007
Il parrait que Salem est réputé pour son électricité. Je ne sais pas si c'est pour sa production, ou ses coupures. Car il y en a souvent. Quand il pleut un peu fort déjà, c'est systématique : ils coupent. Le reste, ce sont de petites interruptions qui durent entre 5 minutes et une heure. Des fois il n'y en a pas de la journée, mais plus régulièrement il y a en une dizaine.

Pour pouvoir continuer à travailler (je précise que ce n'est pas mon idée), nous sommes équipés d'onduleurs, UPS en anglais. Un UPS, c'est une petite boite assez lourde sur laquelle on branche son ordinateur, et qui émet une sirène stridente quand l'électricité vient a manquer et que sa batterie prend le relais. Alors, quand cela se produit, j'ai un peu l'impression d'assister à un dialogue entre onduleurs, qui essayent de communiquer entre pièces interposées. Le premier émet des bips, le second lui répond, et puis ca s'inverse. Je ne peux pas m'empêcher de me demander ce qu'ils se raccontent. Est-ce qu'ils complotent ?

Une fois par mois il y a aussi une coupure générale, planifiée celle-ci, pour cause de maintenance. Aujourd'hui, il y en a eu une, et elle a durée a peine plus que ce qui était prévu, soit un peu plus que toute la journée. Il parrait que c'est ainsi tous les derniers mardi du mois. Sauf que, si aujourd'hui on est bien mardi, on n'est pas le dernier mardi du mois. Mais bon, je perds l'habitude de m'attacher a ce genre de détails.

Du coup, en ville, les feux de circulation ne fonctionnent plus, et à la maison, il n'y a plus de ventilateur ni de climatisation. Nous, on transpire sans pouvoir rien faire, mais les indiens eux, savent s'adapter. Il suffit de se promener dans la rue pour entendre de bruyants groupes électrogènes assurer le relais. Et le soir, même les petits vendeurs sur le bord de la route ont une lampe a gaz pour éclairer leur étalage de légumes.

A la maison, on a aussi notre lampe de secours. C'est une lampe magique qui s'allume toute seule quand il n'y a plus d'électricité. C'est bien pratique, car il fait complètement noir dans la maison passé 19h. Et puis, j'ai pris l'habitude d'avoir a proximité de moi ma lampe frontale, que j'avais mise dans ma valise et qui me dépanne bien. Ouai, j'ai vraiment bien fait de l'emporter celle-là.
par Aurélien publié dans : Le quotidien
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mardi 22 mai 2007
Aujourd'hui, j'ai réussi l'exploit : trouver une boutique qui vend des sauces non épicées pour accompagner le paquet de pates que j'ai réussi a dégoter dans une autre boutique. J'ai même trouvé 2 types de sauce, rien que ca. J'ai opté pour la sicilienne :

pates.JPG

Barilla, numéro 1 en Italie, s'il vous plait. Le duo paquet de Barilla + sauce coute deux fois plus cher qu'un bon restaurant (soit 3€), mais cela faisait plusieurs jours que je salivais a l'idée de manger un bon plat de pates accompagné de gros morceaux de poulet, le tout non épicé.

Car quelques jours plus tot, Raman, notre ancien voisin (environ 65 ans) m'avait emmené sur son scooter pour que je puisse acheter du poulet. Au passage, il a expliqué au vendeur qu'il ne fallait pas me rouler avec des morceaux tout pourris, car en me recommandant cet endroit, c'est son honneur qui est mis en jeu. Et Raman, il ne plaisante pas avec l'honneur de sa famille.

J'avais donc pu acheter du poulet, des gros morceaux en plus. Enfin, pas si gros que ca, car ils ne peuvent pas s'empêcher de découper la viande en petits bouts. Manger un bon gros morceau de viande ne semble pas être dans la culture. Il doit aussi y avoir un aspect financier je présume. Car la viande est chère (j'en ai eu pour 1€), et c'est la raison pour laquelle Raman et sa famille sont végétariens (sauf les jours de fête)...

Mais moi, j'ai eu la confirmation que je n'étais pas végétarien, mais alors pas du tout. Et après 2 semaines passées soit à manger Veg soit à manger dans des restaurants Non Veg de la viande épicée, je commencais à être saturé. Oh non pas que ce soit mauvais, ni même que ce soit si relevé que ca non plus. Mais toutes ces épices masquent le gout des aliments, et au final, j'ai un peu l'impression de toujours manger la même chose : des épices.

Ces derniers temps, je me suis arreté plusieurs fois de manger parce que le plat était trop relevé (à ce sujet, ne vous fiez pas à ce que la gamine de 10 ans mange à coté de vous : à cet age là, ils sont déjà capables de plus que vous). Et petit à petit, mine de rien, ca pèse sur le moral. Alors ce soir, même si l'étiquette de la sauce sicilienne précisait qu'il y avait du poivre rouge, je n'ai pas hésité. Il faut dire que le poivre sicilien, ca fait doucement rigoler en comparaison de la Chili Powder ou autres épices locales.

Est-ce que cette sauce sicilienne made in India était bonne ? Par rapport à une authentique sauce sicilienne je ne peux pas me prononcer, vu que la seule sicilienne qui m'ait invité à manger chez elle n'a pas tenu parole. Mais en tous cas ce soir cette sauce a fait mon bonheur, et je me suis enfin senti rassasié. J'aurais pas cru que la nourriture était si importante pour le moral.
par Aurélien publié dans : Nourriture
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Lundi 21 mai 2007
Aujourd'hui, Bibi, notre contact local, m'a emmené sur sa moto afin d'acheter un détendeur de gaz et un tuyau pour raccorder la bouteille de gaz aux plaques de cuisson, histoire de pouvoir cuisiner un peu.

Dans ma conception des choses, c'était simple : on va dans un endroit où ils vendent des détendeurs, on en achète un, et puis voilà. Sauf que, je découvre petit à petit que les choses ne se passent pas comme on se l'imagine par ici. La boutique en question n'a pas voulu nous vendre de détendeur, parce qu'on était censé en avoir déjà un (qui a été égaré). Et pour en avoir un nouveau, il faut d'abord faire une déclaration de perte à la police, qui donne ensuite un papier spécial, qui permet enfin d'acheter un nouveau détendeur.

Pourquoi cette contrainte ? Et bien, il semblerait que l'Etat indien subvensionne en partie l'achat de détendeurs afin d'équiper les chomières de matériel correcte et réduire les accidents. Et pour éviter les abus, il faut passer par le commissariat pour tout achat supplémentaire. Sauf que ici, passer par le commissariat rime avec se faire racketer (du montant de la subvension je présume).

On s'est donc rabattu sur une petite boutique qui vend des détendeurs compatibles pour pas trop cher (10€ avec le tuyau tout de même, c'est une jolie somme ici). Je n'ai pas très bien compris si c'était parfaitement légal, mais bon, j'ai pu avoir ce qui me manquait pour pouvoir cuisiner un peu.

Car on vend des pates par ici, directement importées d'Italie, et depuis que j'ai découvert ca je suis impatient de pouvoir faire bouillir de l'eau. Reste a résoudre le problème de l'accompagnement, car ici il n'y a pas de Parmesan ni de sauce bolognèse. Et pas moyen de trouver du boeuf non plus (sous forme de steak) pour essayer d'en créer une. Bref, je ne suis pas encore au point, mais petit a petit, je progresse...
par Aurélien publié dans : Le quotidien
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 13 mai 2007
A Salem, comme dans pas mal d'autres endroits en Inde apparement, l'eau est gérée d'une manière assez particulière. Derrière la maison se trouve une cuve, reliée au réseau d'eau de la ville. L'intérieur fait un peu penser à Fort Boyard, on a envie d'y plonger chercher la clé :
 
cuve.JPG
Sur cette photo, on peut voir l'eau de la ville qui arrive et remplit la cuve. Cet événement ne se produit qu'une fois par semaine en ce moment (période sèche), le dimanche en général.

eau-ville.JPGL'eau de la ville arrive depuis un tuyau visible à l'extérieur de la maison. Les bouts de ficelle et de chambre à air, c'est ce qui sert de raccord, car le tuyau est cassé.

Bien sûr, ça fuit. Mais comme la plupart du temps il n'y a pas d'eau, et que de toutes façons si elle n'est pas perdue ici elle le sera dans un puit, ce n'est pas bien grave.

Par contre cet espèce de ruisseau qui coule devant notre maison (ce ne sont pas des égouts), c'est la raison pour laquelle on a des moustiques :-/

cuve-sol-pleine.JPG
En tournant le robinet situé au fond de la photo, on permet à l'eau de la ville de remplir la cuve du sol au lieu d'aller couler dans le puit. Il n'y a pas de trop plein, donc il faut surveiller de temps en temps si on ne veut pas se retrouver avec un petit ruisseau autour de la maison.


Une fois que la cuve est pleine, on ferme donc le robinet. Mais l'eau continue d'arriver tant que la ville en a décidé ainsi. Elle va alors couler dans le puit, en pure perte, car il n'y a aucun robinet pour contrôler l'eau dispensée par la ville.


puit-pompe.JPG
La photo de gauche montre le puit dans lequel tombe l'eau. Notez qu'on a déjà moins envie de s'y baigner.


Sur la photo de droite on peut apercevoir la pompe électrique qui sert à remplir une autre cuve située sur le toit.

C'est de cette seconde cuve que provient l'eau qui coule dans nos robinets.



cuve-toit.JPG
Alors, le dimanche, quand on entend l'eau tomber dans le puit, c'est le signal qui nous indique qu'il y a de l'eau et qu'il est temps de remplir les cuves.

En fonction des robinets ouverts, la pompe va pomper soit l'eau de la cuve du bas, soit l'eau du puit. Mais il vaut mieux éviter cette seconde option.

Le puit est là pour servir de secours dans le cas où les deux cuves sont vides. Mais on a de quoi voir venir quand même.



cuve-toit-pleine.JPGQuand la cuve du toit est pleine, l'eau déborde et retombe directement sur le sol à côté du puit. C'est le signal qu'il faut arrêter la pompe.

Donc, si vous avez suivi, vous devriez avoir compris que l'eau des robinets de la maison provient d'une cuve située sur le toit, où elle reste à croupir des jours sous le soleil. Voilà pourquoi il n'est pas recommandé de la boire, ni de se laver les dents avec ou même d'ouvrir les yeux en se douchant.

C'est vrai qu'elle sent un peu le moisi. Mais bon, en mettant un peu de poudre chlorée, ca améliore les choses. Pour le reste, on utilise de l'eau minérale ou des bombonnes d'eau filtrée.

Avec ce système, il n'y a pas de compteur d'eau. Il semblerait que les habitants de Salem payent l'eau sous forme d'une taxe une fois pas an.
par Aurélien publié dans : Le quotidien
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 10 mai 2007
Me voilà donc à Salem, dans le Tamil Nadu :



Tamil Nadu signifie Pays Tamoul, mais si on m'avait dit que cela voulait dire Pays des moustachus, je l'aurais cru. Car ici tout le monde porte la moustache. Tout le monde, sauf moi.

Le Tamil Nadu est l'un des 28 états de l'Inde, situé a l'extremité sud du pays. Un peu plus de 60 millions de personnes y vivent, soit presque autant qu'en France, mais sur une superficie 5 fois moindre. C'est donc un lieu à l'image de l'Inde : il y a du monde partout.

On y parle surtout le Tamoul, et dans une certaine mesure l'anglais. Mais sur ce point j'ai arrêté de faire des phrases longues et correctement construites. Il vaut mieux parler comme Tarzan, on a plus de chances d'être compris, sauf si la personne a suivi des études bien sûr. Mais c'est rarement le cas des vendeurs et serveurs.

La capitale de cet état est Chennai, anciennement Madras. Avec presque 7 millions d'habitants, c'est la 4eme ville d'Inde. C'est là que mon avion a atterit, en provenance de Francfort, après environ 9h de vol (en plus des 2h pour faire l'escale Paris-Francfort). Il y a 3h30 de décalage horaire (en plus) en ce moment.

Je suis à Salem, une ville qui n'a rien à voir avec les sorcières de Salem soit dit en passant. C'est une ville de 700.000 habitants, réputée dans divers domaines : production d'acier, d'alluminiun, ... ainsi que pour ses mangues. D'ailleurs, le mot mangue est un mot d'origine tamoule. Par contre ce n'est pas du tout une ville touristique (elle ne figure d'aillleurs pas dans les guides).

Il y fait chaud : la température oscille entre 30 et 40 degrés celsius. Il faut dire qu'ici, en Mai, on est en plein dans la saison chaude.

Je suis donc en Inde du sud, qui est assez différente de l'Inde du nord, à laquelle on est davantage habitué par chez nous. La nourriture y est différente par exemple, plus épicée. C'est d'ailleurs une de mes plus grosses interrogations au sujet de ma capacité d'adaptation à ce pays. On verra bien.
par Aurélien publié dans : Lieux visités
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 9 mai 2007
Salem est a 200 Km de Pondichéry. On y est allé en taxi, conduit par un très bon chauffeur, c'est a dire quelqu'un qui conduit normalement. La route est plate et plutot bonne, et on a donc mis 6 heures pour y aller (en comptant la pose repas).

Derrière la plupart des véhicules, on peut lire une inscription du type sound horn (klaxonnez) :

vaches-salem.JPG

Les indiens sont en effet très friants de l'avertisseur sonore, en particulier en ville. Ca rend les rues particulièrement vivantes dès que la journée commence, c'est a dire vers 4h du matin. Sur la photo, il y a une petite faute d'anglais, mais dans un pays où 40% des plus de 15 ans sont illettrés, on est assez tolérant sur l'othographe.

L'évenement de cette journée a été le repas pris dans une petite ville sur le chemin. En nous voyant entrer, le serveur est devenu super stressé, et il a passé la moitié du repas a coté de nous pour nous regarder manger. Il faut dire qu'on est en route vers l'Inde profonde, et ils n'ont pas trop l'habitude de croiser des blancs. Alors ils veulent bien faire, et ca leur met la pression.

Moi, j'ai essayé de faire bonne figure et de manger dignement, mais j'ai lamentablement échoué. Pour commencer, vieux réflexe, j'ai bu une gorgée d'eau en mettant mes lèvres en contact avec le verre. Pas bien! Ici, le verre reste le même pour tout le monde, alors on boit a la rigolade, sans toucher le verre avec ses lèvres, sinon c'est sale. Alors, le coup d'après, c'est ce que j'ai fait. Et bien sur, je m'en suis renversé un peu partout sur le T-shirt... J'ai besoin d'un peu d'entrainement encore.

Pour manger, en guise d'assiette, on a droit à une feuille de bananier. Il faut la laver d'un revers de la main en versant un peu d'eau dessus, puis verser par terre les goutelettes qui restent. Là aussi, j'ai raté l'occasion de bien faire : j'ai déchiré ma feuille du premier coup (eh, c'est que c'est fragile ce truc là!), et j'ai mis dix fois trop d'eau. Du coup je me suis retrouvé avec une grosse flaque d'eau a mes pieds au lieu de 2 ou 3 gouttes habituelles.

La plus grosse erreur a été la fameuse première gorgée d'eau, car c'était de l'eau issue de la carafe. Quand j'ai réalisé que j'avais bu de l'eau locale au lieu de la mineral water, j'ai dit a mon boss qu'il me restait 2 heures a vivre. Mais en fait, ca a été un peu plus long : je suis tombé malade le lendemain. J'ai passé la nuit a vomir tout ce que j'avais pu ingurgiter, et comme je m'étais explosé le ventre le soir même, et bien j'en ai un peu bavé.

Bon, il fallait y passer. Au moins, ca, c'est fait. J'espère juste que ca ne se reproduira pas trop souvent, parce que même si ca n'a duré qu'une journée, c'est assez éprouvant de vomir la moindre gorgée de Coca avalée. J'ai aussi eu des maux de ventre et la diarhée pendant quelques jours. Au final, j'ai perdu 3 kilos.
par Aurélien publié dans : Transports
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Mardi 8 mai 2007
J'ai profité de mon week-end a Pondichéry pour aller jeter un oeil à Auroville, situé a quelques kilomètres. Je suis allé au Visitors Center chercher un pass gratuit pour aller voir la grosse curiosité du coin : le Matrimandir. Au passage, je me suis bien fait grillé dans la file d'attente, d'une manière assez énorme. C'est comme ca ici, tout le monde passe devant tout le monde. On se fait avoir au début, et puis ensuite, on fait gaffe, voire on fait pareil.

Donc, le gros truc à voir (de loin) à Auroville, c'est le Matrimandir :

matrimandir.JPG

C'est une grande salle de méditation, optimisée pour concentrer les énergies positives à l'intérieur de laquelle se trouve la plus grosse boule de cristal du monde (70 cm de diamètre).

Le Matrimandir forme le centre d'Auroville. La ville s'étend ensuite sous forme d'une spirale galactique, et a pour vocation d'être le lieu d'une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités. Ca fait un peu penser à une secte, mais comme il n'y a pas de religion, ca se discutte.

En tous cas, l'histoire de cette ville est assez intéressante. Il faut savoir qu'à la base il n'y avait rien du tout à cet endroit. Le moindre arbre présent a été planté. Les plus curieux peuvent lire l'article dédié sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Auroville.

Les francais forment une des plus grosses communautés d'Auroville. De mémoire ils sont un peu plus de 300. On y trouve aussi pas mal d'autres nationalités, ce qui fait qu'on trouve ici des produits occidentaux qu'on a peu de chance de croiser ailleurs en Inde : pains au chocolat, ...
par Aurélien publié dans : Lieux visités
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Dimanche 6 mai 2007
A peine nos bagages récupérés à l'aéroport de Chennai, moi et mon boss avons pris un prepaid taxi pour nous rendre à Pondichéry, à 165 Km de là. La route qui relie les deux villes est l'une des meilleures de la région. Le trajet nocturne a duré 2h30, et m'a mit dans l'ambiance de la conduite indienne. On a commencé par croiser un camion qui roulait a contre-sens dans Chennai, et le reste du trajet notre chauffeur a préféré rouler en plein milieu voire complètement à droite de la route (sachant qu'ici on roule à gauche), en se rabattant à gauche au dernier moment.

Je n'ai pas très bien compris le système de code lumineux utilisé : les voitures d'en face ont tendance à éteindre complètement leurs phares une centaine de mètres avant qu'on les croise puis à les rallumer au dernier moment. C'est pour réveiller le conducteur qui arrive semble-t-il. Je veux bien le croire, vu que le notre a pas mal lutté pour rester attentif, et que je me suis (vraiment) vu dans le fossé au moins une fois. Mais bon, force est de constater qu'on est arrivés sains et saufs, à 4h du matin.

Nous avons dormi dans un hôtel en bord de mer. Cet hôtel a été fortement détruit par le tsunami de décembre 2004. Les côtes du Tamil Nadu ont en effet été particulièrement touchées. Les pêcheurs sont bien sûr ceux qui ont payé le plus lourd tribut : décès, maisons et barques détruites... Mais il faut aussi savoir que les deux vagues successives ont pénétré jusqu'a 700 mètres a l'intérieur des terres, ce qui rend les sols incultivables encore aujourd'hui. Des projets de désalinisation sont en cours (en cultivant des plantes spéciales).

Le soir, nous avons quitté Pondichéry pour Mahabalipuram (Mamallapuram), un coin assez touristique entre Pondy et Chennai. Avant d'aller me coucher, je me suis joint à un groupe de jeunes qui improvisaient un sitting sur la plage autour d'un feu, non loin des pêcheurs qui dormaient à même le sable. J'ai pas mal discutté avec tous les voyageurs qui étaient là. Ils sont tous tombés malades au bout d'une ou deux semaines. Hum...

Le lendemain midi, nous sommes allés manger chez un pêcheur qui avait conduit mon boss et un ami à lui plonger en pleine mer. Il nous explique comment il fait pour localiser au mètre près le lieu de plongée situé a 7 Km des cotes : il choisit des points de repère qui s'alignent parfaitement de manière à tracer 2 lignes virtuelles qui se croisent sur le lieu dit. Ce système de repérage s'appelle une amer. Plutot épatant.

On était tous assis par terre autour des plats. Mon boss m'a appris à manger avec les doigts (et oui, il y a une technique!), et uniquement avec ceux de la main droite s'il vous plait. Car ici, tout comme dans de nombreux pays d'Afrique, la main gauche est impure car réservée à un usage beaucoup plus intime (si vous ne voyez pas de quoi je parle, demandez vous comment vous feriez pour vous essuyez les fesses sans papier toilette). Pas évident de manger d'une main sans trop se salir les doigts (pour ne pas passer pour un goret). En tous cas, je n'ai pas trouvé comment décortiquer les crevettes avec une seule main. A part ca, le poisson ultra frais était bien bon.

Puis on est rentré a Pondichéry. C'est une ville dont l'histoire est marquée par la présence francaise. C'est là que se trouve le consulat. Je m'y suis enregistré et y ai appris le résultat des élections présidentielles. Le nombre de votes enregistrés ici était d'ailleurs affiché : 222 voies pour N. Sarkozy et 211 pour S. Royale. Pas mal de francais dans les environs donc.

Et pourtant, quand je me suis balladé seul dans la ville, j'ai un peu eu l'impression d'être la curiosité du coin. Entre les gens qui se retournent en rigolant, ceux qui interpellent leur ami pour me montrer, et ceux qui m'attrapent la main pour la serrer, cela fait une drôle d'impression quand même. Est-ce le fait d'être occidental ? Ou le fait de porter un longhi alors qu'autour de moi la majorité des indiens est en pantalon ?

En discutant avec un indien, j'aurais droit à une remarque à ce sujet qui me glissera la puce a l'oreille : "C'est très confortable n'est-ce pas ? Moi aussi j'en porte un, à la maison." Hum, à la maison qu'il a dit... Ok, je crois que j'ai compris, en fait je me promène depuis 3 jours en pyjama. Plus tard, j'apprendrais que le longhi n'est effectivement pas porté en ville, à part par les plus pauvres.

Je me dit que c'est pour cela que je sollicitais autant d'attention. Parce que là, on est à Pondichéry, une ville touristique fréquentée par beaucoup d'occidentaux. Je n'ose pas imaginer ce que ca sera a Salem, une ville où mon boss m'a dit qu'il n'y avait quasiment pas d'autres occidentaux que nous...
par Aurélien publié dans : Lieux visités
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 4 mai 2007
Fin 2006, je cherchais a travailler a l'étranger dans un pays anglophone afin de perfectionner mon anglais et changer d'horizon. C'est un souhait que j'avais depuis longtemps, mais mes 25 ans approchant, j'ai décidé qu'il était temps de passer a quelque chose de concret. J'ai donc cherché un travail a l'étranger, et ai trouvé une offre de V.I.E en Inde. Je n'avais jusque là pas pensé a ce pays, mais... Pourquoi pas ?

En bref, l'Inde c'est :
  • 1 milliard 100 millions d'abitants
  • 6.5 fois la superficie de la France
  • 2 langues officielles (l'hindi et l'anglais) ainsi que 22 (23?) autres langues constitutionnelles, c.a.d pouvant être officiellement adoptées par les différents États fédérés. C'est le cas du tamoul dans l'état où je me trouve
  • La monnaie est la roupie indienne : 1€ = 56 roupies. Les billets sont à l'effigie de Gandhi

Maintenant que j'y suis, j'ai créé ce blog afin de partager avec vous ma découverte de ce pays ainsi que les moments les plus insolites, qui seront plus tard autant de souvenirs qui me permettront de répondre à la question "Pourquoi être allé en Inde ?" "Eh bien, parce-que... tout ça!"
par Aurélien
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander

Présentation

Calendrier

Mai 2007
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Visiteurs

Carte des visiteurs de ce blog

Nombre de visiteurs

Recherche

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Blog : Photo sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus