Vendredi 15 juin 2007
Depuis que je suis en Inde, je me demande comment les indiens font pour s'amuser. Il semblerait qu'ils passent leur vie à se coucher et se lever tot, sans rien faire pour se distraire. On m'a expliqué qu'ils n'ont pas notre culture de l'amusement. Mais ce soir, je crois que j'ai enfin trouvé une réponse. Quand un indien veut s'éclater, il ne va pas danser en discothèque, non, il va au cinéma.

affiche.jpgAujourd'hui, vendredi 15 Juin, c'était la sortie d'un film très très attendu : Sivaji, The Boss. Je ne sais pas depuis combien de temps il est annoncé, mais j'en entends parler depuis que je suis arrivé, il y a 1 mois et demi.

L'acteur principal est une super star : Rajinikanth. Un indien m'a expliqué que les scénaristes ne pouvaient pas lui confier un rôle où il finirait mort, car ce serait l'émeute assurée. Alors on lui a confectionné un rôle à la mesure de son prestige. Sivaji, The Boss est en effet le film qui a reçu le budget le plus élevé de toute l'histoire du cinéma indien!


spectateurs.jpgPas question de rater une telle sortie. Alors hier soir, on est allé acheter des places au marché noir (300 roupies la place, ça doit être au moins 10 fois le prix) pour voir à quoi ressemble une super production locale.

Et on n'a pas éte déçus. La sortie de ce film est je pense au moins comparable à celle d'un film comme Starwars : c'était vraiment la follie.
Déjà, quand on est entré dans la salle, et que les indiens ont apperçu nos deux têtes de blancs, on a eu droit à une véritable ovation de toute la salle (des hommes a 95%). Le ton était donné.

Mais alors quand le film a démarré, ca a vraiment été la follie. Tout le monde criait et sifflait, certains se levaient et faisaient tourner leur T-shirt en l'air, bref, une véritable ambiance de salle surchauffée.

Petit aperçu du moment où les lumières se sont éteintes : 



Le film a duré un peu plus de 3 heures, avec une entracte. C'était un mélange de Matrix, de Tigre et Dragon et de Grease. Il y avait aussi de petites scènes d'humour à la Pierre Richard, et beaucoup de baston bien sûr.

De temps en temps le film est en quelque sorte interrompu par le clip d'une chanson : 



Il s'agit en fait des meilleurs moments. J'ai été le premier surpris de vraiment adorer ces passages musicaux. L'actrice principale dansait comme une déesse, les décors étaient magnifiques, la musique vraiment excellente, et les effets spéciaux se mêlaient habilement aux chorégraphies élaborées.

Tout cela mélangé avec l'ambiance surexcitée du public, et bien c'était simplement grandiose. Ce sont ces passages que j'ai de loin le plus aimé. Je dois cependant avouer que ne rien comprendre aux dialogues (le film étant en tamoul) n'aide pas a se passionner pour l'intrigue.

Force est donc de reconnaitre que The Boss mérite bien son titre, et que le cinéma indien m'a très aggréablement surpris.
par Aurélien publié dans : Différences culturelles
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Mercredi 6 juin 2007
Quand j'étais au lycée, le fantasme de l'un de mes meilleurs copains était de récupérer un vieux bus, de le retaper en discothèque ambulante et de faire le tour du monde avec. J'ai eu une petite pensée pour lui ainsi que pour son projet lorsque j'ai pris le car gouvernemental entre Salem et Pondichéry.

Car dans ce car gouvernemental, j'y ai retrouvé pas mal des ingrédients qui caractérisent une soirée en boite de nuit.

bus.JPGPour commencer, tout le monde commence par s'entasser dans un endroit surchauffé et trop petit en prenant d'assaut les banquettes libres. Ceux qui ne sont pas arrivés à jouer des coudes passent leur soirée debout ou par terre.


Puis vient le moment où le bus se met en route. Ceux qui sont debout se tiennent aux barres verticales et suivent le ryhthme des amortisseurs tels des danseurs en trance, tandis que les autres essayent de dormir dans des positions dignes des meilleurs contorsionnistes.


Le chauffeur éteint alors les lumières. De petites lampes bleues assurent le relais, et ne manquent pas de rappeler les spots lumineux d'une piste de danse. Combinées a l'effet stroboscopique des lumières de la circulation ambiante, cela donne l'impression d'y être.

Il ne manque plus que la musique. Pour cela, on peut faire confiance à notre chauffeur, qui en plus d'être un roi de la piste, possède aussi des talents de DJ. Et il ne faut que quelques minutes de patience pour que les nombreux haut parleurs du bus se mettent soudainement à saturer sous le volume trop élevé de sa sélection musicale. Certains se mettent alors à reprendre en choeur les chansons les plus populaires (c'est à dire toutes) : cette fois, on y est vraiment.

De routes nationales en pistes musicales, mon premier voyage à l'indienne s'est terminé vers 6h du matin. Tout comme après une bonne soirée en discothèque, j'étais complètement creuvé. La seule différence est que je ne puais pas la cigarette, et que le ticket d'entrée était nettement moins cher : à peine plus d'1 euro pour aller de Salem à Pondy (~200 Km).

Au retour, nous avons pris un KPN, c.a.d un bus couchette. Si l'on fait abstraction de l'odeur d'urine ambiante et de la climatisation trop forte, c'est autrement plus confortable, davantage même que le bus que j'avais pris entre New York et Montréal. On a même eu droit à une petite couverture pour nous aider à supporter la climatisation. Car les indiens aiment bien mettre la climatisation trop fort. Je suppose que grelotter de froid quand il fait 40 degrés dehors doit être perçu comme du luxe. Bien sûr les KPN ne sont pas au même tarif que les cars gouvernementaux (3 fois plus cher).

A choisir entre les deux, j'hésite un peu. Car voyager en car gouvernemental rajoute un peu de piment au voyage. Et ce genre de piment là, j'aime bien. Chercher sa correspondance à 4h du matin au milieu des écritaux en tamoul, dormir par terre sur le quai au milieu des indiens et du courier qui attend d'être livré, ca me plait. Je vais m'équiper en conséquence, et renouveler l'expérience du car gouvernamental, c'est sûr.
par Aurélien publié dans : Transports
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Mardi 5 juin 2007
Ce vendredi, Florent, l'autre V.I.E embauché au meme titre que moi, est venu nous rejoindre ici en Inde. Alors nous sommes allés le retrouver à Pondichéry et avons passé le week-end là bas.

Ce fut un week-end assez riche et productif. Tout d'abord, nous avons effectué un baptême de plongée dans une des seules piscines du coin, et en avons profité pour nous baigner dans le golf du bengale.

Puis il y a eu cette soirée dans un bar / restaurant un peu branchouille de Pondy, le genre de soirée où on peut manger du beuf, boire des cocktails et danser sur de la musique des années 60 en compagnie de quelques autres occidentaux et indiens occidentalisés. C'est la saison basse en ce moment, alors on a eu de la chance d'avoir une telle soirée d'organisée pendant notre passage.

Apres avoir discuté avec le DJ et brulé le dancefloor pieds nus (en fait c'est plutôt mes pieds qui ont brulé sur le ciment), j'ai tapé la causette avec pas mal de monde, notamment avec des jeunes d'Auroville. C'est assez marrant de discuter en français avec quelqu'un qui ne parle soit disant pas français et qui soudainement se met à parler tamoul aux serveurs...

Plein de nationalités représentées ce soir là : Islande, Etats Unis, Australie, ... et francais bien sûr, mais c'était pas les plus sympathiques...

florent-moto.JPGMais on reste en Inde, alors c'est extinction des feux à 12h30. On a suivit un groupe d'autres français, super sympas ceux-la. Ils nous ont porté sur leur motos pour improviser un rodéo dans les rues de Pondichéry by night, à la recherche d'un endroit où continuer la soirée.

Finalement on est allé assez loin en dehors de Pondichéry, près de la plage, pour s'incruster à la soirée d'anniversaire d'un indien franchement occidentalisé. Là aussi, c'était marrant de rencontrer des jeunes tamouls cette fois-ci parlant un français impeccable.


On a discuté avec pas mal de monde, pris d'autres contacts... Au final j'ai récupéré une dizaine de numéros de téléphones / emails pour revenir bouger sur Pondy/Auroville. Soirée sympa et productive donc. On s'est fait ramené en voiture par des mecs completement bourrés. Un peu flippant, mais on est arrivés entiers.

Le lendemain, j'ai eu droit a une leçon de moto de la part d'Isabelle, une amie de Pondichéry, qui m'a ensuite gentillement prêté sa moto pour que j'aille me confronter à la circulation indienne.

J'étais pas super à l'aise pour conduire à gauche avec un engin dont je venais d'apprendre les rudiments, mais la quinzaine de kilomètres effectués m'ont bien plus. Rouler cheveux dans le vent avec mes lunettes et mon Ganesh tatoué (au henné) sur le bras, ca m'a rendu impatient d'avoir ma propre moto a Salem.
par Aurélien
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