Dimanche 19 août 2007
Après New York, New York, voici Singapour, Singapour. Singapour (+8h de décalage horaire) est a la fois une grande ville et un tout petit pays de 4.6 millions d'habitants. C'est là que j'ai atteri samedi dernier afin d'occuper mes 2 semaines de congès imposées par ma boite en août (dure la vie).

Demain je me mets en route pour un petit périple en Malaisie, dont je ne sais toujours pas exactement de quoi il sera fait. L'idée est de terminer à Kuala Lumpur (la capitale) pour la fête nationale, c'est à dire le 31 août. Je vais commencer par longer la cote ouest, et pour la suite, on verra.

forbidden.JPGArrivant d'Inde (via Colombo, Sri Lanka), le dépaysement n'en n'est que plus marqué. A Singapour, la vente de chewing-gum est interdite afin de limiter leur nombre sur les trottoirs, il est aussi interdit de manger ou de boire dans le MRT (le metro local), et vous pouvez même avoir une amende si vous ne tirez pas la chasse d'eau.

Moi je suis un d'jeunz qui ne respecte rien, alors hier quand on m'a proposé du chewing-gum de contrebande, j'en ai pris un sans hésiter. Et je me suis aussi risqué à tenter un panier à 3 points dans une poubelle publique. Si mon papier était tombé à coté dans la rue, j'aurais pu prendre 500 euros d'amende - ouh lala quel frisson. Heureusement je suis habile de mes mains, et avec les sous ainsi économisés je suis allé m'acheter un nouvel appareil photo.

Singapour est une ville super moderne. Bien que je n'y sois pas (encore) allé, elle me fait penser à Hong Kong. D'ailleurs, ces deux villes ont pour point commun de faire partie des 4 Dragons asiatiques.

Autre point commun, c'est le paradis de l'électronique. J'aime penser que j'ai payé mon nouvel appareil photo 30% moins cher comme j'ai pu le lire ici et là. Dans les faits, je l'ai déjà trouvé 10% moins cher dans d'autres boutiques, et encore moins sur internet. Mais ce qui compte c'est que je suis super content de mon nouveau Sony Cyber-shot T20, il est nickel, c'est le plus beau, je dors avec la nuit.

merlion.jpgSingapour est la deuxieme ville la plus densement peuplée au monde, derrière Monaco. Du coup, le prix des loyers est proche de ceux pratiqués dans notre capitale, alors que le coût de la vie est plutot deux fois moindre.

Moi je ne paye pas de logement, parce que je suis gratuitement hébergé chez l'habitant via le site CouchSurfing. L'idée de CS et des autres sites du genre est d'utiliser votre canapé pour dépanner des voyageurs de passage. Si cela vous inspire génial, un super moyen de rencontrer des gens des quatres coins du monde, alors vous avez le CS spirit.

Quelles sont les règles ? Qui faut-il heberger ? Comment on fait ? Et bien, comme vous êtes chez vous, donc vous faites comme vous le voulez. Mais pour vous donner une idée, voici comment ca se passe ici à Singapour.
csdinner.JPGChyka est une Singapourienne qui m'a contacté via le site car elle avait vu que je préparais un voyage dans sa ville. Après avoir échangé quelques mails, me voilà hébergé chez elle, plus précisement dans la chambre ou elle dort habituellement avec sa soeur.

Elle est venue me chercher à l'aéroport, m'a convié à des soirées ou à faire du shopping jusqu'a 3h du matin alors qu'elle travaillait le lendemain. Je rédige actuellement ce billet depuis son ordinateur pendant qu'elle dort par terre dans le salon, en compagnie de ses parents, de son grand-père et de sa soeur.

Je crois que ca résume assez bien le genre de leçons d'hospitalité que j'ai reçu au travers de ce site (il y en a beaucoup d'autres). Je ne voyage plus que comme cela depuis que j'ai decouvert ce concept il y a un an. J'ai rencontré des gens tout simplement extraordinaires.

try.JPGCertains hébergent en moyenne plus de 15 personnes par mois, d'autres vous expliquent les règles de leur maison "Règle numéro 1 : il n'y a pas de règle. Tu as faim ? Ouvre le frigo et sers toi. Tu veux laver ton linge ? La machine à laver est ici", et beaucoup vous confient le double des clés "va et viens comme tu veux".

Alors, prêts à tenter l'aventure ?

Au passage je donne le lien vers mon profil, les plus curieux y trouveront des photos de ma tête.
par Aurélien publié dans : Lieux visités
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Jeudi 16 août 2007
En Inde, le 15 août est aussi un jour férié. Mais ce n'est bien évidemment pas l'Assomption que l'on célèbre ici mais l'indépendance du pays. Cette année, cela fait 60 ans que les indiens ont bouté les Britanniques hors de leurs frontières, grâce entre autre au célibrissime Gandhi.

A Pondichéry, la statue du Mahatma a été illuminée pour l'occasion. Mis à part cela, je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé. Pas grand chose apparemment, en tous cas la patrouille d'Inde n'a pas survolé le ciel de Pondichéry et les chars n'ont pas défilé sur la promenade qui fait la fierté de la ville. Bizarre, car les indiens sont tout de même assez nationalistes.

Le 15 août, c'est aussi l'anniversaire de la naissance de Sri Aurobindo. Sri Aurobindo a lui aussi  milité pour l'indépendance de son pays, mais il est avant tout connu pour être avec La Mère à l'origine d'Auroville.


feux.JPGA l'occasion de cette journée particulière, l'ashram de Pondichéry a organisé une sorte de journée portes ouvertes, et il nous a été possible de visiter les appartements dans lesquels vivaient son fondateur.

Les aurovilliens ont bien évidement eux-aussi célébré cet évènement. Ils se sont réunis au moment de l'aurore (Auroville : la cité de l'aurore) autour d'un bonfire afin de méditer et d'écouter un discours enregistré de La Mère.

Ce genre d'évènement quelque peu tribal ne se produit que 3 fois par an (restent l'anniversaire de La Mère et  celui de la création d'Auroville).

gens.JPGComme je suis aurovillien depuis 1 mois maintenant (enfin, en tant que Guest), je me suis levé tôt pour être de la partie. J'avoue ne pas avoir beaucoup médité, car la méditation reste un concept assez vague pour moi. En fait, je suis assez hermétique à tout ce mysticisme qui entoure Auroville.

Cela dit, j'ai tout de même un peu médité à ma façon, c'est à dire en me perdant dans mes pensées. Tout en étant assis dans l'amphithéâtre à regarder ce feux, je n'ai pu m'empêcher de penser que la vie réservait tout de même de drôle de surprises.


matrimandir-roof.JPGQuand je suis venu au même endroit il y a 3 mois pour prendre une photo du Matrimandir, je me plaignais des bonhommes sur le toit de l'édifice qui gâchaient ma photo. Je ne me doutais pas que quelques temps plus tard, ce serait moi qui serait sur le toit en train de gâcher les photos des autres.

Sur la photo ci-contre, on voit le fameux amphithéâtre au centre duquel le feux faisait converger l'attention. Juste à coté se trouve une urne qui contient la terre rapportée par les représentants de 124 pays au moment de l'inauguration de la cité, il y a bientôt 40 ans. Je vous renvoie vers un autre blog pour plus d'informations.

Cette photo a été prise par un Aurovillien qui participe a l'aventure depuis quasiment le début. J'avais brièvement discuté avec lui lors du 14 Juillet, et on avait convenu que je vienne le voir afin de discuter "de tout ça". Il s'est avéré qu'il oeuvre à la construction du Matrimandir, et du coup je l'ai suivi un peu partout jusque sur le toit.

Nous avons pas mal discuté, sans parler dans le vide loin de là. J'ai rencontré quelqu'un de brillant et de très intéressant, avec les pieds sur terre et la tête dans les étoiles. Auroville ce n'est donc pas qu'une utopie, mais aussi des gens actifs qui bâtissent des choses. J'ai vraiment beaucoup apprécié cette rencontre.
bug_fck
par Aurélien
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Samedi 11 août 2007
Jusque là, je m'étais fait mienne la phrase ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Cependant, j'ai récemment exploré les limites de cette devise, en allant m'écraser la tête contre le sol alors que je roulais en moto. Cela faisait 2 semaines que je disais que j'allais m'acheter un casque, mais se protéger la tête n'est pas encore entré dans les moeurs par ici, alors je n'ai pas trop culpabilisé a laisser traîner les choses.

J'ai longtemps hésité à donner les détails de mon accident, et j'ai finalement décidé de le faire, en espérant que cela incitera quelques touristes/expatriés à porter un casque. A peu près tout le monde est d'accord sur son utilité, mais presque personne n'en porte. Alors voilà le récit de ce qui peut être évité en dépensant 10€.

Cela faisait 50 Km que nous roulions à 4 motos vers Sinje,  une ville située a 60 Km de Pondichéry.  Deux motos m'avaient distancé, car j'avais un peu ralentit pour rétablir le contact avec la quatrième que nous avions perdu de vue depuis un petit moment. La route était quasiment déserte, je roulais aux alentours de 65-70 Km/h, quand un tracteur qui venait vers moi sur le coté gauche de la route (rappel : on roule a gauche ici) m'a coupé la trajectoire alors que j'arrivais à sa hauteur. Je suis parti vers la droite pour l'éviter, mais j'ai finalement heurté sa roue avant, et j'ai perdu connaissance. C'est la première fois de ma vie que cela m'arrive, c'est assez étrange, on s'endort soudainement, c'est presque agréable.

Par contre, le réveil est un cauchemar. Apparemment, je ne suis pas resté inconscient très longtemps, une minute peut être. Comme tiré brutalement d'un sommeil très profond, j'ai hésité quelques secondes avant d'être obligé d'accepter que tout était bien réel. Et là, ça a été le début de l'horreur, car je n'étais pas seul sur la moto, mais accompagné d'une copine appelée Sophie. Je l'ai retrouvé inanimée sur le sol, le visage ensanglanté par une plaie béante de 5 centimètres de long en travers du front, le genre de plaie qu'on est pas habitué a voir, et qui glace le sang. La retrouver ainsi par terre, avec l'impression de voir sa cervelle, et réaliser qu'on est dans un endroit paumé à au moins une heure du premier hôpital, c'est vraiment une situation que je ne souhaite à personne.

Pour ma part, j'ai assez vite repris mes esprits, mais ce n'est que pour mieux me sentir désemparé. Car autour de nous, tout un tas de gens regardent la scène, mais personne ne parle anglais. Je demande un taxi, je ne comprends pas ce que l'on me répond. Je ne sais pas où on est, je ne sais pas comment en partir, je ne sais pas où aller, je ne sais pas comment réveiller ce corps immobile, qui garde les yeux ouverts.

Heureusement, on a eu beaucoup de chance dans notre malheur. Tout d'abord, on a heurté de biais la petite roue avant d'un tracteur, ce qui nous a permis de passer par dessus bord et de chuter sur un terrain « libre ». Si l'on avait heurté la cuirasse métallique de l'engin, eh bien... L'autre gros coup de chance est que le dernier motard qui se trouvait derrière nous était un ami tamoul, parlant parfaitement français, et qui a été d'un grand secours. Enfin, une ambulance est passée par là dans les 5 minutes de notre accident, et elle a daigné s'arrêter. Ici, une ambulance n'est rien d'autre qu'une camionnette un peu aménagée et équipée d'une sirène. Il n'y a aucun équipement ou personnel médical à bord, mais c'était un bon moyen de se mettre en route vers l'hosto. En y montant, Sophie est enfin lentement revenue à elle.

Elle a alors eu envie de vomir, et m'a dit que ce n'était pas bon signe du tout, que c'était le symptôme d'un hématome au cerveau (elle est étudiante en médecine). J'ai cherché un récipient pour qu'elle vomisse, on m'a répondu qu'il fallait qu'elle vomisse par la fenêtre - c'est le genre de détails qui n'aide pas à se rassurer. Puis j'ai à mon tour eu envie de vomir, et là l'anxiété est encore monté d'un cran : je me suis dit qu'on était tous les deux en train de devenir des légumes.

Sur décision de notre ami tamoul, on s'est rapidement arrêté pour emprunter un taxi, qui est plus rapide. Mais on commencera par s'arrêter pour faire de l'essence. Ça a été le moment le plus difficile je crois, parce que j'ai perdu la vision de mon oeil gauche, ce qui a confirmé mes craintes d'un hématome au cerveau. Et puis aussi j'ai osé mieux regarder la plaie au front de Sophie, et il m'a semblé qu'elle avait le crâne défoncé vers l'intérieur, je m'étonnais qu'elle puisse encore parler.

Durant la suite du trajet, qui a duré un peu plus de trois quart d'heure (pour moi, il a duré 10 minutes), notre envie de vomir est passée, ma vision est revenue, et on s'est un peu rassuré au sujet de l'hématome. Arrivé à  l'hôpital, j'ai dû faire preuve de beaucoup de sang froid et de persuasion pour obtenir un scanner du cerveau que l'on nous refusait. C'est le genre de moments où plus rien ne compte, on est prêt à s'endetter à vie pour acheter la machine s'il le faut. A ce sujet, heureusement qu'avant de monter dans l'ambulance j'avais eu la présence d'esprit de récupérer mon sac à dos qui contenait toutes nos affaires, en particulier mon argent. Car il a tout fallu payer d'avance pour bénéficier du moindre soin.

Au final on s'en tire extrêmement bien, aucun organe vital n'est touché. Je suis resté hospitalisé une journée, et Sophie a été rapatriée en France au bout de quelques jours afin de surveiller sa blessure à la jambe et y effectuer sa convalescence (qui va durer quelques semaines). Pour sa blessure au visage, il semblerait que les chirurgiens indiens aient fait un bon travail et que la cicatrice disparaisse d'ici quelques mois. Moi je m'en suis tiré sans même un seul point de suture. J'ai juste quelques grosses égratignures et deux dents cassées sous l'effet du choc.

J'ai reloué une moto le lendemain de ma sortie, parce qu'on ne peut rien faire sans, et que j'avais beaucoup à faire. J'ai aussi pensé au proverbe quand on tombe de cheval il faut remonter tout de suite. Pendant plusieurs jours je me suis interrogé sur ma capacité à survivre dans ce pays et me suis demandé si je n'allais pas rentrer en France, tellement je trouvais les routes dangereuses. Je me suis ressaisi depuis, mais il n'en demeure pas moins que conduire en Inde est vraiment risqué. Cela fait 1 mois que je suis à Pondichéry, et dans mon entourage, 4 personnes ont eu un accident de moto, ce qui fait une moyenne d'un accident par semaine, sans compter le mien. Le dernier s'est produit hier soir, un ami est allé s'empaler sur une barre métallique transportée par un chariot. La barre l'a miraculeusement frôlé, de tellement près qu'il en a été égratigné. Bien sûr, il est aussi ouvert à la tête, mais ce n'est pas grave. Par contre, il est toujours sous le choc.

Je ne veux pas jouer aux pères moralisateurs, mais si vous louez une moto, la première chose à faire est d'aller vous acheter un casque, c'est vraiment indispensable. Cela vous évitera de porter à vie une cicatrice au milieu du visage (dans le meilleur des cas), et de vivre un moment éprouvant comme je l'ai vécu. N'attendez pas d'avoir vu le sang couler pour réaliser ce que c'est que d'avoir peur pour sa santé mentale, ça n'en vaut vraiment, mais vraiment pas la peine.
par Aurélien
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Jeudi 2 août 2007
consulat.JPGPour la fête nationale, nous avons dégoté des invitations afin de venir au Consulat de Pondichéry s'empiffrer de saucisson et de champagne aux frais de l'Etat Français. Ne t'inquiète pas, on a trinqué à ta santé cher contribuable.

Normalement, il suffit d'être français pour pouvoir venir à la soirée. Mais à Pondy ça ne suffit plus : il faut désormais être invité, c.a.d avoir reçu un carton où la "consulette" comme on l'appelle ici vous prie de lui faire l'honneur de votre présence. Il y a donc des français qui eux, sont priés de rester chez eux.

danse.JPG
On ne sait pas trop pourquoi. Il semblerait que certains français (les francos-pondichériens, c.a.d les indiens qui ont la nationalité française) abuse un peu sur l'alcool, et que cela finisse par dégénérer.
En tous cas c'est ce qui se raconte quand on a épuisé le sujet des spécialités culinaires importées de métropole ou celui du feux d'artifice annulé pour cause de deuil national suite au décès de l'ancien premier ministre indien.

Le résultat est que cette année on était une majorité de blancs (sur environ 400 personnes), ça a fait bizarre à certains.

L'autre nouveauté, que tout le monde a apprécié, c'est l'ambiance un peu moins prout-prout et un peu plus festive, avec DJ, bal musette et même l'immanquable symbole d'une soirée à la française bien réussie : la chenille. C'était donc une soirée bien sympa, je pense que tout le monde a apprécié. J'ai même vu pour la première fois des indiennes se lâcher (un peu) en public.

ferrerorocher.jpg J'ai aussi pu discuter avec pas mal de monde, notamment avec la consulette afin de me plaindre qu'il n'y avait pas de Ferrero Rocher. Oui bon, je sais, ça doit être la 500ème fois qu'on lui fait la blague, mais elle a quand même rigolé.

Puis elle m'a expliqué, très sérieusement, que ça n'a jamais été le cas dans aucune réception d'ambassade, et que le bon goût de Monsieur l'Ambassadeur était une pure invention de Ferrero. Ce 14 Juillet 2007, un de mes derniers rêves d'enfant s'est évanoui.
par Aurélien
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