Week-end à Pondichéry et Mahabalipuram

Publié le par Aurélien

A peine nos bagages récupérés à l'aéroport de Chennai, moi et mon boss avons pris un prepaid taxi pour nous rendre à Pondichéry, à 165 Km de là. La route qui relie les deux villes est l'une des meilleures de la région. Le trajet nocturne a duré 2h30, et m'a mit dans l'ambiance de la conduite indienne. On a commencé par croiser un camion qui roulait a contre-sens dans Chennai, et le reste du trajet notre chauffeur a préféré rouler en plein milieu voire complètement à droite de la route (sachant qu'ici on roule à gauche), en se rabattant à gauche au dernier moment.

Je n'ai pas très bien compris le système de code lumineux utilisé : les voitures d'en face ont tendance à éteindre complètement leurs phares une centaine de mètres avant qu'on les croise puis à les rallumer au dernier moment. C'est pour réveiller le conducteur qui arrive semble-t-il. Je veux bien le croire, vu que le notre a pas mal lutté pour rester attentif, et que je me suis (vraiment) vu dans le fossé au moins une fois. Mais bon, force est de constater qu'on est arrivés sains et saufs, à 4h du matin.

Nous avons dormi dans un hôtel en bord de mer. Cet hôtel a été fortement détruit par le tsunami de décembre 2004. Les côtes du Tamil Nadu ont en effet été particulièrement touchées. Les pêcheurs sont bien sûr ceux qui ont payé le plus lourd tribut : décès, maisons et barques détruites... Mais il faut aussi savoir que les deux vagues successives ont pénétré jusqu'a 700 mètres a l'intérieur des terres, ce qui rend les sols incultivables encore aujourd'hui. Des projets de désalinisation sont en cours (en cultivant des plantes spéciales).

Le soir, nous avons quitté Pondichéry pour Mahabalipuram (Mamallapuram), un coin assez touristique entre Pondy et Chennai. Avant d'aller me coucher, je me suis joint à un groupe de jeunes qui improvisaient un sitting sur la plage autour d'un feu, non loin des pêcheurs qui dormaient à même le sable. J'ai pas mal discutté avec tous les voyageurs qui étaient là. Ils sont tous tombés malades au bout d'une ou deux semaines. Hum...

Le lendemain midi, nous sommes allés manger chez un pêcheur qui avait conduit mon boss et un ami à lui plonger en pleine mer. Il nous explique comment il fait pour localiser au mètre près le lieu de plongée situé a 7 Km des cotes : il choisit des points de repère qui s'alignent parfaitement de manière à tracer 2 lignes virtuelles qui se croisent sur le lieu dit. Ce système de repérage s'appelle une amer. Plutot épatant.

On était tous assis par terre autour des plats. Mon boss m'a appris à manger avec les doigts (et oui, il y a une technique!), et uniquement avec ceux de la main droite s'il vous plait. Car ici, tout comme dans de nombreux pays d'Afrique, la main gauche est impure car réservée à un usage beaucoup plus intime (si vous ne voyez pas de quoi je parle, demandez vous comment vous feriez pour vous essuyez les fesses sans papier toilette). Pas évident de manger d'une main sans trop se salir les doigts (pour ne pas passer pour un goret). En tous cas, je n'ai pas trouvé comment décortiquer les crevettes avec une seule main. A part ca, le poisson ultra frais était bien bon.

Puis on est rentré a Pondichéry. C'est une ville dont l'histoire est marquée par la présence francaise. C'est là que se trouve le consulat. Je m'y suis enregistré et y ai appris le résultat des élections présidentielles. Le nombre de votes enregistrés ici était d'ailleurs affiché : 222 voies pour N. Sarkozy et 211 pour S. Royale. Pas mal de francais dans les environs donc.

Et pourtant, quand je me suis balladé seul dans la ville, j'ai un peu eu l'impression d'être la curiosité du coin. Entre les gens qui se retournent en rigolant, ceux qui interpellent leur ami pour me montrer, et ceux qui m'attrapent la main pour la serrer, cela fait une drôle d'impression quand même. Est-ce le fait d'être occidental ? Ou le fait de porter un longhi alors qu'autour de moi la majorité des indiens est en pantalon ?

En discutant avec un indien, j'aurais droit à une remarque à ce sujet qui me glissera la puce a l'oreille : "C'est très confortable n'est-ce pas ? Moi aussi j'en porte un, à la maison." Hum, à la maison qu'il a dit... Ok, je crois que j'ai compris, en fait je me promène depuis 3 jours en pyjama. Plus tard, j'apprendrais que le longhi n'est effectivement pas porté en ville, à part par les plus pauvres.

Je me dit que c'est pour cela que je sollicitais autant d'attention. Parce que là, on est à Pondichéry, une ville touristique fréquentée par beaucoup d'occidentaux. Je n'ose pas imaginer ce que ca sera a Salem, une ville où mon boss m'a dit qu'il n'y avait quasiment pas d'autres occidentaux que nous...

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