Enregistrement à la police

Publié le par Aurélien

Aujourd'hui, j'ai enfin achevé de m'enregistrer auprès de la police : "Now, you are in India". Je vais pouvoir ouvrir un compte en banque, et faire diverses autres choses qui devraient me rendre un peu plus autonome.

L'enregistrement a la police a été commencé dès notre arrivée, il y a un peu plus de deux semaines. Pour cela, j'ai du donner tout un tas de documents (photocopie du passeport + VISA, photo d'identité, fiche de renseignement, lettre de présentation, garanties financieres...) en 7 exemplaires. Oui oui, sept exemplaires.

Je ne me souviens plus du parcours suivi par chacun de ces 7 exemplaires le long des méandres de l'administration indienne, si ce n'est que l'un d'entre-eux est passé par le commissariat local, situé à 200 metres de notre maison. A cette occasion, le policier chargé de signer le papier (ce qui permet de finaliser la procédure) avait envie de me voir. Alors, toujours en compagnie de Bibi, notre contact local, je suis allé me "montrer". En fait, c'était surtout mes sous qu'il voulait voir.

On est donc allé au poste de police, je me suis assis et j'ai observé passivement la scène qui a duré 5 minutes. Il a agraffé ma photo sur un dossier (que j'avais apporté pour ne pas me faire taxer à nouveau), mis un papier dedans, et puis voilà, c'était fini. On est ressorti, et on est resté dehors à attendre sans raison pendant quelques minutes : Wait and see what's going on. Ok.

Le policeman finit par sortir à son tour, l'air de rien. On le suit un peu à l'écart, et Bibi discute avec lui. Moi je reste à proximité, le nez en l'air, faisant mine de ne rien comprendre à ce qui se passe. Le policeman réclame 400 roupies (8€), mais Bibi me dit de ne lui en donner que 200, et lui explique qu'on lui donnera le reste plus tard (il attend toujours...).

Il faut payer, chouette, c'est enfin à moi d'intervenir. Mais le policier fuit mon regard, mon plan de jouer l'étonné et de demander des précisions tombe à l'eau. Je prends mon portefeuille, sors tranquillement 200 roupies, et demande "Est-ce que je peux avoir une facture ? Demande lui une facture." Ca fait brièvement rire Bibi, mais il refuse de traduire ma demande. Ah là là, il est pas joueur.

Je donne les sous à Bibi, parce que le policeman ne veut pas que ce soit moi qui les lui file directement (je ne sais pas pourquoi, peut être un peu de honte vis à vis d'un étranger). S'en suit alors une scene de film où Bibi fait mine de serrer la main au policier pour lui dire au revoir, et lui dépose les billets dans un papier replié qu'il tient entre ses mains. Wahou, c'est comme à la télé, j'ai l'impression d'acheter de l'héroine.

Plus tard, Bibi m'a demandé si c'était la premiere fois que je refilais un bribe. Ca alors, comment as-tu deviné ? Il m'explique qu'ici c'est courant, qu'on peut pratiquement tout acheter, depuis le permis de conduire au diplome d'ingénieur. Ce qui est étrange, c'est que plus on monte dans la hiérarchie, moins il y a de corruption semble-t-il (de ce genre du moins), car il y a davantage de surveillance. Alors j'ai demandé à Bibi : "Mais alors, les policiers gradés gagnent moins d'argent que ceux qui ne le sont pas ?" Il m'a répondu que j'avais raison, en rigolant.

N'empêche que je n'ai pas compris l'astuce. Si effectivement ils peuvent s'en mettre moins facilement dans les poches quand ils gravissent les échelons, quel est leur motivation a évoluer ? "Vous n'avez pas atteint vos objectifs cette année, nous avons décidé de vous sanctionner : vous etes promu commissaire."

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JIAS 01/07/2007 10:35

voilà, pourquoi l'inde ne changera, etles films d Shankar's ( comme sivaji ( on le voit donnée des valises remplie d'argent pour mettre son projeten route , mais l'indien ne comprendra pas , il va etre content parce qu'il le mottai boss ( dasn le film)