La lutte des places

Publié le par Aurélien

Quand j'étais au lycée, le fantasme de l'un de mes meilleurs copains était de récupérer un vieux bus, de le retaper en discothèque ambulante et de faire le tour du monde avec. J'ai eu une petite pensée pour lui ainsi que pour son projet lorsque j'ai pris le car gouvernemental entre Salem et Pondichéry.

Car dans ce car gouvernemental, j'y ai retrouvé pas mal des ingrédients qui caractérisent une soirée en boite de nuit.

bus.JPGPour commencer, tout le monde commence par s'entasser dans un endroit surchauffé et trop petit en prenant d'assaut les banquettes libres. Ceux qui ne sont pas arrivés à jouer des coudes passent leur soirée debout ou par terre.


Puis vient le moment où le bus se met en route. Ceux qui sont debout se tiennent aux barres verticales et suivent le ryhthme des amortisseurs tels des danseurs en trance, tandis que les autres essayent de dormir dans des positions dignes des meilleurs contorsionnistes.


Le chauffeur éteint alors les lumières. De petites lampes bleues assurent le relais, et ne manquent pas de rappeler les spots lumineux d'une piste de danse. Combinées a l'effet stroboscopique des lumières de la circulation ambiante, cela donne l'impression d'y être.

Il ne manque plus que la musique. Pour cela, on peut faire confiance à notre chauffeur, qui en plus d'être un roi de la piste, possède aussi des talents de DJ. Et il ne faut que quelques minutes de patience pour que les nombreux haut parleurs du bus se mettent soudainement à saturer sous le volume trop élevé de sa sélection musicale. Certains se mettent alors à reprendre en choeur les chansons les plus populaires (c'est à dire toutes) : cette fois, on y est vraiment.

De routes nationales en pistes musicales, mon premier voyage à l'indienne s'est terminé vers 6h du matin. Tout comme après une bonne soirée en discothèque, j'étais complètement creuvé. La seule différence est que je ne puais pas la cigarette, et que le ticket d'entrée était nettement moins cher : à peine plus d'1 euro pour aller de Salem à Pondy (~200 Km).

Au retour, nous avons pris un KPN, c.a.d un bus couchette. Si l'on fait abstraction de l'odeur d'urine ambiante et de la climatisation trop forte, c'est autrement plus confortable, davantage même que le bus que j'avais pris entre New York et Montréal. On a même eu droit à une petite couverture pour nous aider à supporter la climatisation. Car les indiens aiment bien mettre la climatisation trop fort. Je suppose que grelotter de froid quand il fait 40 degrés dehors doit être perçu comme du luxe. Bien sûr les KPN ne sont pas au même tarif que les cars gouvernementaux (3 fois plus cher).

A choisir entre les deux, j'hésite un peu. Car voyager en car gouvernemental rajoute un peu de piment au voyage. Et ce genre de piment là, j'aime bien. Chercher sa correspondance à 4h du matin au milieu des écritaux en tamoul, dormir par terre sur le quai au milieu des indiens et du courier qui attend d'être livré, ca me plait. Je vais m'équiper en conséquence, et renouveler l'expérience du car gouvernamental, c'est sûr.

Publié dans Transports

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Véro 07/06/2007 20:08

Ehhh ehhhh je crois bien que tu vas changer de métier et que d'informaticien, tu vas devenir chroniqueur globe-trotter... et finir comme Antoine, à faire de la pub pour.... ATOLL.... Les opticiens !!!!! Bizzzzzz....