Jeudi 22 mai 2008
Vous savez donc comment s'est achevée mon étape tibétaine. Depuis Lhassa ,  j'ai pris place dans le plus haut train du monde, direction Xi'an, au centre de la Chine (36h de train, 615 Yuan/55 euros). Le train franchit une passe à plus de 5000 mètres d'altitude... Il y a des robinets d'oxygene sur lesquels on peut brancher un masque du type aide respiratoire dans les hopitaux. A part ce détail amusant, le train en lui même est somme toutes assez banal. Le restaurant à bord proposait de bons repas bon marché, ca aide à bien passer le temps. Les chinois travaillent à un autre train qui se veut le plus luxueux du monde et qui devrait entrer en service apres les Jeux Olympiques, les fameux 08-08-08.

Donc ca, c'était pour la sortie. Mais revenons au tout début, à savoir sur l'entrée au Tibet depuis le Népal. Et bien, pour cela, il faut d'abord que l'acces au Tibet soit autorisé, ce qui n'est toujours pas le cas en ce moment (aux dernieres nouvelles). Tout le monde s'accorde à dire que cela ne changera pas avant la fin des Jeux Olympiques. Ensuite, au Népal,  il faut s'adresser à une agence de voyage (a Katmandou), et souscrire un onéreux package, condition sine qua non pour que les autorités chinoises veuillent bien vous délivrer le fameux permis de groupe. Ce permis est en fait un visa de base sur lequel figure la liste des noms du groupe dont vous faites partie. En fait, dans la plupart des cas, vous etes le seul membre de votre propre groupe. Si vous voyagez en famille ou avec des amis, cela change peut etre. Ce permis se présente sous la forme de feuilles de papier volantes qui ne sont pas rattachées à votre passeport : il n'y a donc aucun coup de tampon relatif à votre passage au Tibet sur votre passeport. De même, n'allez pas à l'ambassade de Chine demander un visa Chinois classique : c'est une perte d'argent, car il sera annulé au premier poste de contrôle Chinois.

Les autorités chinoises ne veulent pas de backpackers fauchés qui trainent tout seuls avec leur appareil photo dans les provinces tibétaines. Alors pour obtenir le précieux sésame, il faut montrer patte blanche, ou plutôt verte, verte comme des dollars américains. Les agences de tourisme népalaises proposent toutes le même pack incluant le transport en Jeep avec chauffeur, guide, hébergement en hotel pendant 7 nuits, et des entrées dans des lieux touristiques (monastères essentiellement). Vous ne pouvez pas y échapper : il faut réserver vos 7 nuits dans de luxueux hotels, même si vous comptez dormir ailleurs, sinon vous n'aurez pas le permis. C'est comme cela.

L'ensemble, c.a.d le permis + le package, coute au bas mot $388, si vous passez directement par une des 4 seules agences qui organisent ce genre de périple (c'est ce qu'on m'a dit par la suite). Si comme moi et comme la plupart des autres touristes vous ne savez rien de l'astuce et passez par une agence quelconque qui fait intermédiaire, il est difficile de payer moins de $405. On m'a demandé en général dans les $425, mais parfois plus de $475... On vous assure qu'avec le permis obtenu vous pourrez gambader librement dans tout le Tibet. C'est faux, vous n'avez le droit à presque rien, vous ne pouvez même pas aller bien loin dans les alentours de Lhassa. Le Tibet est découpé en tout un tas de zones interdites, et il faut un permis pour chacune de ces zones. Je m'étais renseigné à Lhassa pour continuer mon chemin en Jeep par la route, il fallait demander 4 permis supplémentaires...

Le permis obtenu à Katmandou était valable 28 jours dans mon cas (c'est le maximum que l'on peut espérer). Il est possible de le prolonger par la suite, mais en dehors du Tibet uniquement. Nous étions ainsi 24 touristes à aller à Lhassa au moyen de 6 Jeeps (4 par Jeep + le chauffeur). Une équipe Népalaise nous a enmené de Katmandou à la frontière sino-népalaise. Toujours la même rangaine : on ne peut pas changer nos devises népalaises en Chine, il faut le faire ici avec un taux exécrable, sinon on va tout perdre... C'était bien évidemment des bobards, comme toujours, mais je n'ai pas apprecié que notre "guide" népalais soit dans la combine. Les douaniers népalais en revanche étaient toujours aussi relax : ils ont tamponné mon carnet de voyage et écrit un petit mot. Et puis on s'est mis en route avec nos sacs en direction de la Chine.

Autre pays, autre ambiance. Déjà, pas le droit de sortir l'appareil photo. "Il y a des policiers en civil, s'ils vous voient photographier, vous aurez de gros problèmes." Il nous faudra marcher assez longtemps pour atteindre le checkpoint à la frontière (materialisé par un pont). Au checkpoint, on prend contact avec l'équipe tibétaine (aucun chinois dans leur staff) qui va s'occuper de nous pendant une semaine. Notre guide parle très bien anglais, ce qui est très bien, mais ce qui est aussi une exception : aucun chauffeur ne sait dire autre chose que "Okay! Okay!" ou "No! No!".

Le douanier chinois regarde rapidement nos permis, nous demande si on est malade, bien sûr personne ne l'est, comme toujours.  Je me suis toujours demandé ce que ce ferait de cocher une case comme quoi on a de la fièvre, et si quelqu'un l'avait déjà fait. Enfin bon, j'essayerai ailleurs, parce qu'ici c'est pas vraiment le meilleur endroit. Ensuite, un bonhome vient désinfecter nos sacs avec un gros ventilateur, par prévention de la grippe aviaire je suppose. Nous voilà tous rassurés maintenant, alors on continue notre longue marche côté chinois jusqu'aux Jeeps. Et puis on restera bloqueé 3 heures à attendre que les travaux sur ce qui ressemble à la "route" soient finis. Quand on peut enfin passer, on se rend au véritable bureau de l'immigration, situe à... 8 Km! (j'ai pas compris). Nos sacs sont passés aux rayons X, nos passeports controlés conscencieusement. Le douanier chinois n'a pas franchement l'air sympathique, mais je me tente quand même à lui demander de tamponner mon carnet de voyage. Il m'enverra paître sans même me laisser finir ma phrase. En fait, j'ai juste eu le temps de dire "s'il vous plaît est-ce que...", et ensuite il m'a fait signe de dégager avec la main. Bon ben tant pis pour le "Welcome to Tibet" sur mon livret. On mange un bout, avance nos montres de 2h15, ce qui fait 7 heures de décalage avec la France en hivers, et cela partout en Chine (pas de fuseaux horaires internes)! Puis on change nos sous aux tibétaines qui viennent nous voir en criant "Change money! Change money!", et on se met en route, pour de vrai. Allez, c'est parti!

La route est assez mauvaise, le 4x4 Landcruiser n'est pas de trop. Le premier soir, nous nous arrêtons dans un endroit assez isolé. Il fait froid, mais pas glacial. Tout le monde veut rester à l'auberge pour se coucher, mais moi j'ai envie de sortir histoire de me mêler un peu aux locaux. Dans un petit restaurant, je me retrouve à manger un plat aléatoire au milieu de 15 tibétaines. Forcement, 15 jeunes filles qui mangent dans un coin à coté d'un homme blanc tout seul, ca intrigue. Alors au bout d'un petit moment, l'une d'entre elle se dévoue et finit par m'adresser la parole.

Et d'où je viens? Et comment je m'appelle? Et qui est la fille la plus jolie ici? Bref, le courant passe assez bien. Elles sont profs d'anglais (une aubaine pour discuter), et célèbrent la journée de la femme (8 Mars - oops, je suis en retard pour le billet ;-). Je découvre qu'elles sont assez complexées par rapport à la femme occidentale "qui a des yeux ronds, qui est grande, qui est très blanche de peau...". Marrant, en occident, les filles complexent d'avoir la peau trop blanche. Le monde est bizarre quand même. Mais bon, pour moi, les plus jolies filles, ce sont les tibétaines. Du coup, je me fait offrir de la bière, et invité à dancer avec elles dans un genre de discothèque. Ambiance un peu glauque sur le dance floor. Les filles dancent entre elles, les garcons aussi. Aucune fille n'a voulu dancer avec moi, et c'est pas faute d'avoir demandé! Cela dit, on est à 3400 mètres d'altitude, alors je m'essouffle assez vite, et à minuit, je rentre me coucher. Les filles s'en vont aussi, "avant que les mecs aient trop bu et commencent à se battre".

Deux heures plus tard, je me lève pour aller vomir : ouh la la, ca tangue. J'ai des vertiges, ainsi qu'un vilain mal de crâne - la nuit a été difficile. Le lendemain matin, la nouvelle que j'ai mal dormi fait rapidement le tour du groupe de touristes. Et alors, c'est l'inquiétude au sujet du French guy. Une experte improvisée en mal des montagnes vient m'expliquer que j'ai les symptomes sévères, que je ne dois pas continuer sinon je peux mourir en quelques heures. J'hésite un peu, le guide est super embêté par cette femme qui veut me renvoyer d'où je viens. Quand il apprend que j'ai bu de l'alcool et que j'ai fait des follies de mon corps la veille, il est tout content : il tient le prétexte pour me faire continuer. De toutes facons, y'a pas vraiment le choix, alors je continue avec le groupe, direction la première passe à plus de 5000 mètres (on montera jusqu'à 5200 mètres). Passera, passera pas la passe ? En tous cas, pour ce premier jour, ma réputation dans le groupe est faite.

Durant le trajet, je m'efforce de prendre de grandes inspirations comme Enzo dans Le Grand Bleu, ca marche un peu je crois. Le mal de tête s'estompe tout doucement au fil des heures, sans vraiment disparaitre, mais c'est supportable. Et puis on est plusieurs à avoir bobo au crâne.

Pour le deuxieme jour de trajet, on a eu droit à un peu de frisson : une Jeep a perdu une de ses quatres roues motrices, comme ca, en pleine ligne droite, en plein désert, en plein tempête de sable. Bon, ils sont arrivés à la retrouver et même à la remettre. Ils n'ont pas vérifié les autres roues pour autant... Mais moi j'ai été me faire bénir à Katmandou, il ne peut rien se passer de bien grave, alors je suis confiant.

Le troisième jour, le même chauffeur de la même Jeep percute un pauvre bouriquot en plein milieu de la route, comme ca, en pleine ligne droite : pas de chance l'âne! Ils ont du payer la bête à son propriétaire... Les rumeurs sur les capacités des chauffeurs vont bon train. Mais moi j'ai été me faire bénir à Katmandou, il ne peut rien se passer de bien grave, alors j'ai la foie.

La suite du trajet sera normale. Notre guide nous explique vaguement qu'il y a des problèmes, que y'a l'armée et la police un peu partout, mais on ne comprend pas très bien de quoi il parle. Il faut dire qu'on a arrêté de poser des questions. Les premiers jours, on s'est tous étonné des joues très roses de certaines tibétaines, limite rouge sang. On a demandé à quoi cela était du à notre guide, réponse de l'intéressé : "C'est parce qu'elles mangent trop de yak". Suite à cette réponse, on a arrêté de poser des questions.

En ce qui concerne notre chauffeur, notre interaction avec lui s'est limitée à écouter en boucle sa cassette audio de la super star du moment, à raison de 20 fois par jour, pendant les 5 jours de trajet. Les 50 premiers fois sont pénibles, mais ensuite on s'habitue doucement et on commence à bien aimer en fait. C'est comme la musique dans les bus népalais. Au bout de quelques dizaines d'heures d'écoute forcée, on se met à vraiment aimer. C'est quand même une découverte qui me laisse songeur. Si j'étais patron d'une maison de disques, je ne me fatiguerais pas à trouver des artistes de talent, oh non non. Je me contenterais du premier venu, même si c'est très mauvais : c'est pas grave. Ensuite, je m'arrangerais avec les radios pour passer le morceau en boucle sur toutes les ondes toute la journée. A force, je suis sûr que tout le monde aimerait. Ah ah ah, c'est obligé. Je serais alors très riche, presque sans rien faire. Je garde cette idée sous le coude pour mon retour, en espérant que personne d'autre n'y pense d'ici là.

Mais en attendant, poursuivons le voyage, et revenons au Tibet. En route, nous nous sommes arrêtés visiter quelques monastères, ainsi qu'un petit moulin. J'ai pas retenu les noms. Dans l'ensemble, honnêtement, c'est un peu toujours pareil, et y'a pas vraiment de ferveur palpable. Aucune athmosphère à vrai dire. Du moins, rien à voir avec ce que j'avais vu à Katmandou. La seule exception notable est le temple de Jokhang à Lhassa, le dernier temple visité juste avant le début des émeutes, émeutes qui seraient d'ailleurs parties de la place où se trouve ce temple. J'en parle brièvement dans mon billet sur les émeutes.

Durant ces émeutes, notre luxueux hotel a été caillassé. A mon avis, c'est les riches chinois présents qui étaient visés, même si un membre de notre groupe s'est pris un projectile au visage (depuis la terrasse). Il faut dire que c'était vraiment un hotel très luxueux. En effet, au niveau hébergement, excepté les deux premiers jours où nous avons dormi un peu "à la roots" (dortoir basique, sans douche, etc...), les hotels suivants ont été luxueux, voire même très (trop) luxueux.

De même, on a pu percevoir le développement des villes de plus en plus important au fur et à mesure que l'on s'approchait de Lhassa. Au début, c'était la zone. On est passé dans des petits villages : on se demande sincèrement comment ils arrivent à vivre. Le sol est si aride, ils sont si isolés. Même au Népal, je n'avais jamais vu des gens dans une si grande misere. Mais, parait-il, ils sont plus heureux que les tibétains de Lhassa, parce qu'ils sont libres. La présence policière est en effet très réduite dans ces régions reculées.

A Lhassa, parce que les chinois se doutaient de ce qui allait arriver, l'omniprésence de l'armée était étouffante. Quand je me baladais, j'hésitais toujours à sortir l'appareil photo, le faisais en cachette... Du coup, quand on a quitté les lieux et que je suis arrivé à Xi'an, ouha ouh, le changement. On a enfin l'impression d'être dans un lieu normal où l'on peut respirer et se promener librement. Je vais tâcher de raconter la suite assez rapidement. Je me suis un peu laissé aller à ne pas mettre à jour mon blog depuis le Tibet, je fais mes excuses à mes fidèles lecteurs au passage. A bientôt.
par Aurélien publié dans : Lieux visités
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Vendredi 7 mars 2008

undefinedCe Jeudi 6 et Vendredi 7 Mars 2008 (23 et 24 Falgun 2064 dans le calendrier Nepalais), c'était la Shivaratri, c.a.d la nuit de Shiva, un important dieu hindou dont on célèbre le mariage avec Parvati.  Pour info, Shiva et Parvati sont les parents de Ganesh, le dieu à tête d'élephant, aussi célèbre que populaire.

A Katmandou, les enfants ont passé leur journée à tendre des cordes en travers de la route pour forcer les véhicules à s'arrêter, afin de les ranconner de quelques roupies. C'est aussi l'occasion pour les sadhus de se réunir en nombre, en particulier dans le temple de Pashupatinath, le plus grand du Népal.

undefinedJe m'y suis rendu la nuit tombée. Je me suis extasié un certains temps devant les buchers de crémation, jusqu'à ce que les pleurs des familles me rappellent qu'il s'agit d'obsèques. Je me suis alors rendu dans un espace réservé aux sadhus. Ce fut une rencontre pour le moins stupéfiante. Des dizaines de bonhomes sont assis en petits groupes autour de feux de camp, et célèbrent comme il se doit Lord Shiva en tirant bien fort sur un gros joint. De temps en temps il y en a un qui lance tout haut une complainte que tout le monde poursuit en choeur, un genre de A la santé de Shiva, si j'ai bien compris.

Car une des particularités de Shiva est que sa boisson préférée est censée être le Bhang Lassi, une sorte de yaourt-milkshake au cannabis. Alors juste pour ces deux jours, les autorités ferment les yeux sur sa consommation. C'est quand même marrant de lire en première page de The Himalayan Times que la police se glorifie d'avoir saisi 20 Kg de hashish quelque part au Népal, et en dernière page que l'on peut aller faire tourner un pétard en plein Katmandou en bonne compagnie. Parce que la tradition veut aussi qu'on boive un petit coup de rokshi (un alcool a base de maïs et de riz) - ben ouai, tant qu'à faire.

Mais perpétuer les rites religieux avec les sadhus n'est pas gratuit, ah ca non. Les sadhus sont avant tout des mendiants, et ils ne tardent pas à vous le rappeler. Pour eux, Shivaratri est avant tout un good business day. Pour les enfants aussi, car le soir tombé, ils enchainent par la tournée des restaurants, en chantonnant un refrain qui n'est pas sans évoquer le trick-or-treating de Halloween. Si j'ai bien compris, la chansonnette serait du genre Shiva a froid, Shiva a faim, donnez-nous quelque chose pour qu'on le nourrise et le réchauffe. Enfin bon, quelque chose du genre.

undefinedLe lendemain, en me balladant au milieu des très nombreux temples médiévaux, une fillette est venue spontanement me servir de guide. J'ai beau l'avoir mise en garde que je n'avais pas d'argent, elle a continué à m'accompagner en me récitant par coeur l'histoire des monuments, et en me demandant de la prendre en photo, sans jamais me demander d'argent. Enfin bon, elle parviendra tout de meme à se faire payer un paquet de chips.

Elle m'expliquera que la journée aura été profitable, car elle et ses amis ont récolté 100 Rs chacun (1.1 euros). "Wahou, c'est bien. Et qu'est-ce que tu vas t'acheter avec ces sous?" "Rien, je les ai donné à ma maman, elle n'a pas d'emploi." Bon, au moins elle va à l'école, et parle déja tres bien anglais. Avec un peu de chance, elle sera peut être docteur quand elle sera grande, comme elle aimerait.

undefinedUne femme docteur, rien ne semble s'y opposer. A Katmandou, pour la première fois de ma vie, j'ai vu des femmes conduire un touk-touk. Et pas n'importe quel genre de touk-touk : la plupart des Kathmandu Tuk Tuk sont électriques! Pour 20 fois moins cher qu'un taxi, j'ai pu me rendre dans les coins touristiques de la capitale et de ses alentours. Il y a en particulier 2 temples à visiter : le temple hindou dont j'ai parlé au début, et un autre bouddhiste. Les deux sont les plus grands du pays dans leur genre.

Le temple bouddhiste est en fait un stupa, c.a.d une sorte de gros monument circulaire autour duquel, eh bien, on circule. Mais pas dans n'importe comment : uniquement dans le sens des aiguilles du montre. Je suppose que c'est pour ne pas avoir de contre temps...

Le stupa de Bodhnath est célebre pour être le plus grand du Népal. Comme tout stupa, il possède 13 niveaux symbolisant les différentes étapes de la réalisation spirituelle. Pour l'annecdote, on le retrouve croqué par Hergé dans Tintin au Tibet, car, voyez-vous donc, Tintin au Tibet ne se déroule pas au Tibet, mais au Népal. C'était pour l'annecdote.

undefinedLe stupa de Bodhnath est aussi un lieu traditionnel de prière avant d'entreprendre un voyage dans l'Himalaya, en particulier vers le Tibet. Comme je m'apprête a partir au Tibet, je suis content d'apprendre que je suis venu au bon endroit pour recevoir la bénédiction.

En quittant ce lieu, j'emprunte un chemin un peu au hasard, et en passant devant une petite entrée qui ne paie pas de mine, je suis interpelé par des sons d'instrument très graves. D'un pas hésitant, je finis par entrer dans ce qui semble être un monastere tibétain, je ne sais pas lequel. On me fait signe que tout est ok. Bon ben au moins, les tibétains sont plus relax que les hindous qui n'acceptent pas les touristes dans leurs temples.

Je traverse une cours en direction d'un batiment à l'entrée duquel des moines me recoivent. Je me déchausse, bois quelques gouttes d'eau et on me jette un petit caillou sur le derrière de la tête. "Maintenant tu es pur, tu peux entrer". A ce stade, je me dis déja que j'ai bien fait de venir.

undefinedJe me présente donc devant le rideau qui sert de porte, et le soulève pour passer... Et là, je reste bouche bée plusieurs secondes. J'ai l'impression de débarquer en plein tournage de 7 ans au Tibet ou autre film du genre. Des dizaines de moines sont assis, et célèbrent je ne sais pas trop quoi. Mais en tous cas ils le célèbrent bien.

Divers instruments de musique accompagnent leurs psalmodies. De temps en temps, ils se mettent à jouer et chanter tous ensemble : ca fait son petit effet, vraiment. En tous cas, moi, je rasais les murs. J'ai pas trop osé mitrailler de photos bien qu'on m'ai autorisé, alors j'ai juste une petite vidéo de qualité moyenne à vous proposer, pour vous faire une idée.

La veille de partir pour le Tibet, ca donne un avant gout prometteur. C'etait donc mon dernier soir à Katmandou. Pour conclure cette étape Népalaise d'une manière un peu moins déprimante que mon précédent billet, j'ai mis en ligne une autre sélection de photos prises dans la capitale. Pas mal de personnes n'ont pas aimé cette ville trop bruyante et polluée. Venant d'Inde, je n'ai pas été particulièrement choqué.

A vrai dire, j'ai bien aimé cette ville. C'est pas vraiment l'endroit idéal pour s'occuper passé 21h, mais découvrir la vieille ville médiévale en se mélant à la population locale et en pleine obscurité (à cause des coupures d'électricité), j'ai trouvé ca plutot chouette. En fait, si depuis le Taj Mahal, j'en avais un peu ras le bol de visiter ce que tout le monde est censé visiter, Katmandou m'a redonné le gout de jouer les touristes - pour combien de temps, on verra bien.

par Aurélien publié dans : Lieux visités
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Jeudi 28 février 2008
Yeti.JPGMalgre près de trois semaines passées dans les montagnes au Nord-Ouest du Népal, je ne suis pas parvenu à observer le Yeti, mais j'ai quand même eu l'occasion de voir son empreinte de pas. Pas dans la neige fraiche non (j'ai pas vu de neige), mais sur le fuselage d'un avion de la Yeti Airlines.



J'ai du rentrer en avion depuis Nepalgunj, ville frontaliere avec l'Inde, parce que depuis 15 jours c'est la pagaille dans le pays, en particulier dans le sud (Terai).

Si j'ai bien compris (les népalais n'aiment pas en parler), l'Union Marxiste Leniniste a lancé un grand appel à la greve pour protester contre le premier ministre, et ca a dégénéré en tout un tas de révoltes et conflits parfois assez sérieux pour que plusieurs villes (dont Nepalgunj) soient sous couvre-feu, et que la route principale qui relie tout le sud du pays soit fermée. Du coup, on ne pouvait plus circuler vers l'Est.

undefined La situation se calme doucement, mais c'était assez tendu quand même quand j'y étais. On a entendu une bombe éclater, et les rumeurs parlaient de 4 personnes abattues par la police armée en 2 jours (les journaux n'en font pas état). Devant l'impossibilité de prendre un bus, j'ai du me résigner à payer $150 pour voler à Katmandou.

Petite consolation : l'avion a volé à l'altitude de 6300 mètres... C'est 2500 mètres plus bas que l'Everest! J'ai donc pu voir se dresser au milieu des nuages la chaine Himalayenne, teintée de rose par le soleil couchant...

Donc ca, c'était pour le voyage retour. Mais commencons par le commencement : le parc de Bardia.

undefinedAprès avoir passé près de deux semaines à me la couler douce à Pokhara, j'ai réussi à me motiver pour aller pister le tigre dans le parc national de Bardia. Il faut en effet savoir qu'au Népal, il y a certes la chaine Himalayenne au Nord, mais le sud du pays (Terai) est chaud voire très chaud, et on y trouve tout un tas d'animaux sauvages assez inattendus : tigre, léopard, rhinoceros unicorne, éléphant, crocodile, singe, ...

 Bien que relativement grand, le parc de Bardia est très peu fréquenté.


undefinedUne ou deux dizaines de touristes par semaine s'arrêtent à Ambasha. Le bus vous dépose au milieu de nulle part, à l'endroit d'un des nombreux checkpoints de l'armée. Il faut ensuite emprunter 13 kilomètres de  piste puis encore marcher 15 minutes pour arriver à l'entrée du parc.

J'y suis allé toute une journée en compagnie d'un guide (500 Rs l'entrée + 500 Rs le guide = 11 euros) à la recherche du tigre, mais le gros chat se fait très discret depuis 15 jours, et je n'ai pas vu grand chose de sensationnel.

undefined Une maman rhino et son petit, en plus du rhino semi-apprivoisé qui se trouve à l'entrée du parc. Quelques singes et oiseaux, des especes de biches... Bon, un peu déçu quand même je dois avouer - je dois être blasé.

Bon, Bardia, c'est fait. Je me suis ensuite demandé où aller. Si on feuillette les bouquins genre Lonely Planet ou Guide du Routard, on se rend compte que l'ouest du pays n'est absolument pas couvert. Il n'y a rien, rien de rien. J'ai alors décidé d'aller voir par moi même ce qu'il y a à voir là bas. Et me voila parti.

Depuis Bardia, j'ai continué vers l'Ouest jusqu'a Atarya (2.5h / 170 Rs). En route on traverse la rivière Karnali (la plus longue du Népal) à son point le plus large. Pas mal.

undefined Puis j'ai pris un van vers le Nord du pays jusqu'à Dipayal (6h / 305 Rs). J'ai gribouillé sur la carte ci-dessus une approximation du parcours effectué. En jaune, c'est la partie où j'ai du marcher.


En chemin, les paysages se font de plus en plus impressionants. D'abord la rivière bleue turquoise qui serpente au milieu des montagnes, puis les champs vert et jaune à perte de vue, et enfin le soleil couchant qui fait ressortir le rouge de la roche...


Je suis resté deux jours entiers à Dipayal pour revenir sur mes pas. En particulier, 20 Km en amont, je suis allé voir un village relié à la route par un pont suspendu. Au début je me suis demandé s'ils n'allaient pas me couper en morceaux une fois de l'autre coté. Mais au lieu de ca, un bonhome a couru à travers champs en m'interpelant I'm coming!, et s'est improvisé comme mon guide. Chouette alors.


undefinedIl a bossé quelques années en Inde dans le Tamil Nadu et connaissait Salem ou j'ai vécu un peu plus de 2 mois. On s'est échangé quelques phrases en Tamoul, c'était assez cocasse.

Il me présente son village, ainsi que quelques uns de ses 6 frères et 9 soeurs (son père a 3 femmes). J'essaye de demander habilement pourquoi il n'y a que des femmes dans les champs, il bottera en touche. Bon, on verra ca plus tard.

C'était le seul du village à parler anglais je suppose, et il était tout content de croiser un touriste.

Il faut savoir que dans cette partie du Népal, ils ne sont pas vraiment habitués à voir des occidentaux. Alors c'est sur, partout où on va, on attire les regards. J'ai beau avoir fait Salem, j'ai quand meme trouvé qu'ici c'était un cran au dessus. Par exemple, à Dipayal, un journaliste est venu m'interviewer Et qu'est-ce que vous venez faire là?  A ma connaissance, il n'a rien publié (tu m'étonnes, je savais pas quoi lui dire).

undefinedPartout où on va, on est donc la star, enfin, en quelques sortes. Car si les regards sont parfois curieux et amusés, dans les campagnes ils sont souvent plutot méfiants, genre pas très cool. Quelques fois ca met un peu mal à l'aise, alors on joint les deux mains comme pour faire la prière (signe qui veut dire je viens en paix, sans arme dans les mains), puis on dit bien fort Namasté! Et alors, tous les visages suspicieux en face s'illuminent d'un grand et large sourire : Namasté! Et juste après tout le monde redevient crispé - c'est surréaliste.

En fait, les visages ont parfois l'air mauvais, mais ils sont en fait simplement sévères. On n'est pas habitué à voir autant de sévérité c'est tout.

Je m'en suis rendu compte en prenant des photos des gens, à leur demande. Quand ils posent pour la photo, bien que tout content, ils prennent un air très rude, qui rappelle les photos en noir et blanc de nos (arrière) grand-parents. Donc keep cool, tout va bien, les gens sont gentils et accueillants. C'est juste qu'ici ils ont une vie très pénible qui leur fait parfois oublier de sourire.

C'est quelque chose que j'ai découvert sur place, parce que moi j'étais complètement à coté de la plaque. Je croyais que le Népal était plus développé que l'Inde, et bien, je suis tombé de haut en traversant ces régions perdues d'un des pays les plus pauvres au monde.

undefined Après avoir visité les alentours de Dipayal, j'ai continué mon chemin en Jeep jusqu'a Sanphebagar (3h30 / 200Rs). J'avais prévu d'y rester une nuit pour prendre le bus vers Mangalsen (6h / 160 Rs), mais j'ai rencontré un népalais parlant très bien anglais qui m'a enmené visiter le petit hopital qu'il etait en train de mettre sur pieds, grace à l'aide des américains.

Il m'explique son projet, me donne des chiffres vertigineux, et je commence à avoir une vision plus juste de la situation.



undefinedPendant que les femmes passent leur vie aux champs et meurent à la maison en donnant naissance, les hommes jeunes partent travailler en Inde (j'en avais croisé pas mal dans le Tamil Nadu et surtout à Goa).

Là bas, ils fréquentent les prostituées, puis reviennent à la maison infectés par le SIDA. Dans certaines regions, 10.1% des travailleurs revenant d'Inde sont séropositifs... La mortalité infantile est elle aussi très élevée, et la tuberculose encore bien présente.


Avec un docteur pour 250.000 habitants, et le transport des malades effectué à dos d'homme à travers les montagnes, on imagine mal comment il pourrait en être autrement.

Quand les américains sont venus ici en hélicoptere et ont vu comment on vivait, ils ont eu pitié de nous et ont financé cet hopital (du coup j'ai compris pourquoi on me demandait si j'étais venu en hélicoptere). Il y a un site web consacré à ce projet : www.nyayahealth.org/. Ils ont besoin de volontaires type étudiant en médecine qui veut faire un stage. Si vous etes dans le domaine, merci de faire tourner l'adresse, parce que c'est du concret.

undefinedEt encore je n'étais qu'à Sanphebagar, qui dispose de l'électricité et d'une route qui devrait etre goudronnée d'ici 2 ans. En m'enfoncant encore plus dans les montagnes, je me suis pris plusieurs grosses claques tous les jours, pendant une bonne semaine. Ca fait mal.

Depuis Sanphebagar, j'ai pris le bus pour Mangalsen. 6 heures de grand frisson à moins de 10 Km/h sur une piste défoncée, à se dire que cette fois-ci c'est la bonne, le bus va se coucher. Mais non, le chauffeur connait bien son engin.


undefined En descendant du bus, complètement couvert de poussière, j'ai droit à un autre avant gout de la réalité : une gamine qui casse des cailloux pour faire des graviers pour la construction. Et pour la premiere fois, ce sentiment de vraiment etre arrivé au fin fond du fond. Ca y est, j'ai trouvé un endroit ou y'a pas de Pepsi ni de Coca à vendre. Mais ils ont encore l'électricite, et meme internet en cherchant bien (via la téléphonie sans fil).

Mangalsen a été le théatre de combats assez serieux dans le passé avec les maoistes. Plus d'une centaine de morts, des milliers de soldats à l'assaut... Enfin bon, tout ca est révolu. Maintenant ils font juste la guerre des tags incitant à voter pour X ou Y. Pourvu que ca dure.

La police vient controler mon identité et me demande ce que je fais là. Ben j'me ballade. Mais tout va bien, c'est pour ma sécurité.

Magalsen, c'est la fin de la route. Après c'est fini, y'en a plus, il faut marcher. J'ai essayé de gribouiller en jaune sur la carte la portion de trajet concernée.

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J'ai donc pris mon sac et je me suis mis en route à travers les montagnes en direction de Binayak. La première heure a été éprouvante, ca grimpe bien trop pour moi et mon gros sac.


Je suis parti en délire sur le miracle des montagnes népalaise. On grimpe, on grimpe, et ca s'arrête jamais. Arrivé en haut d'un sommet il y en a toujours un autre encore plus haut, c'est sans fin. Ca défit la notion d'infini sans limites : c'est l'infini borné.


Enfin bon, aussi longue soit la nuit, le jour finit toujours par se lever, et j'ai finalement rejoins une piste qui traverse la région. Elle a été construite par une ONG allemande (GTZ), le gouvernement étant trop pauvre et trop corrompu pour faire quelque chose. Ici c'est des étrangers qui viennent faire les routes. Ca fait bizarre.

undefined Après un peu plus de 8 heures de marche au lieu des 6 annoncées (j'ai pas trouvé tous les racourcis on dirait!), j'arrive dans le village de Binayak. J'avais prévu d'y rester dormir la nuit et d'en repartir le lendemain matin, mais j'y suis resté 5 jours pour jouer les apprentis professeurs et partager la vie locale.

Ils m'ont demandé de rester 1 mois et demi pour leur apprendre à enseigner, moi qui n'ai jamais donné un cours de ma vie.


Tout le staff se reunit autour de moi pour me parler de tous leurs problèmes. Je suis le premier blanc qu'ils voient depuis peut être plus de 15 ans, et ils me considèrent comme Mr. Solution. Sauf que moi je me suis vraiment senti impuissant, impuissant comme un backpacker fauché qui visite le tiers monde en bus et à pieds.



Mais bon, au moins j'ai du temps, et je peux toujours en donner un peu, alors j'ai accepté de rester un peu. Durant ce temps, j'ai vécu avec un euro par jour : 20 Rs pour dormir, 35 Rs chaque repas, et voila, 90 roupies par jour, moins d'un euro. J'ai pas payé le thé (3 Rs), mais ils m'ont fait payer l'hébergement parce que je suis blanc. Normalement, si on mange, on dort gratuitement dans la chambre dortoir. Mais bon, en contre-partie, j'avais un lit pour moi tout seul. Une nuit, ils étaient 2 ou 3 par lit (des lits une place évidemment).

undefinedNiveau repas, c'est le plat national, j'ai nommé le Dal Bath (Riz aux lentilles), sauf que les lentilles, il faut les chercher, et ne pas les confondre avec les graviers. Dans les régions reculées comme ici, tout est difficile à trouver. Pour les fruits, c'est simple, il n'y en a pas. Niveau légumes, il y a un peu de lentilles, de choux fleurs, de pommes de terre et d'épinard.

Quand je les ai vu préparer les pommes de terre, j'ai été amusé de voir qu'elles étaient petites comme des radis - comme c'est mignon. J'ai demandé si c'était une variété particulière. Non non, ce sont des patates ordinaires, c'est juste que le sol est trop pauvre pour qu'elles grossissent normalement. Ah bon, ok.

  Depuis quelques années, les fermiers ne sont plus auto-suffisants. Avant ils ne leur manquaient que le sel. Maintenant ils doivent vendre du lait parce que la récolte est insuffisante. Chaque famille a tout une tripotée de gamins à nourrir, les sols sont fatigués par l'agriculture sur brûlis, et la déforestation devient préocupante.

 
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Mais à Binayak on ne meurt pas de faim. Tous les jours, on peut avoir une grosse platrée de riz, et si on est difficile comme moi, on peut varier de temps en temps en prenant des nouilles chinoises type Bolino (Chowmein). Donc à Binayak, tout le monde mange à sa faim, y compris les enfants. Et pourtant, ca ne suffit pas. Dans cette région du Népal, près de 50% des enfants souffrent de malnutrition moyenne à sévère. Concrètement, les gosses tout mignon ont des gros ventres gonflés.

  L'école où j'ai été est une English Medium Boarding School, c.a.d un école primaire privée où l'accent est mis sur l'enseignement en anglais. Elle a ouvert ses portes il y a 2 ans. Cinq investisseurs se sont associés pour la créer. Je n'ai pas bien réussi à cerner la notion d'investisseur, dans la mesure où pour l'instant du moins, il n'y a pas de retour sur investissement. Est-ce simplement des fondateurs qui font cela parce qu'il faut faire quelque chose, ou est-ce du business? Peut être un peu des deux.




Ce sont en majorité des professeurs de l'école publique qui versent une partie de leur salaire pour financer cette école et enployer d'autres profs. Les écoles publiques n'enseignent pas l'anglais, et les enfants qui en sortent n'ont pas d'avenir m'ont-ils expliqué.

undefined Les parents de ces élèves doivent payer de 100 à 200 roupies par mois (2.2 euros). Pour 70% des familles de la région, c'est trop. L'école accepte tout de même 25% d'enfants à titre gracieux. Au final, ils sont 215 cette année, et ils espèrent être 150 enfants de plus à la prochaine rentrée, en Mai. Faire fonctionner l'école toute une année coute 150.000 Rs, autrement dit, pour 1.700 euros on scolarise 215 enfants pendant un an. Ca fait bizarre.


A la prochaine rentrée, il devrait y avoir un ordinateur. Moi je suis informaticien, alors j'ai demandé à voir la bête. Ils m'ont montré l'écran, le clavier, la souris et l'onduleur. Et ou est l'unité centrale? - Ben on l'aura dans quelques mois. En 2 ans, ils ont réussi à s'acheter une moitié d'ordinateur, transportée à dos d'homme jusqu'ici.

Moi je me suis souvenu que j'avais un deuxième ordinateur dont je ne me servais jamais et dont je ne savais pas quoi faire. Ca fait bizarre.


Je sais pas trop comment ils vont gérer leur ordinateur. Il n'y a pas d'électricité, ils ont juste des panneaux solaires pour charger des batteries avec lesquelles ils s'éclairent la nuit. Il leur faut un groupe électrogene, mais je sais pas ou ils comptent s'approvisionner en pétrole. Enfin bon, ils sont bien parvenus à transformer une petite maison en école pour 300 momes.

undefined J'ai particulièrement bien sympatisé avec un des professeurs, originaire du Bhoutan. Le courant est bien passé des le début, et si j'ai accepté de rester, en fait, c'est parce que c'est lui qui me l'a demandé.

Il a été marrié à l'age de 12 ans, avec sa femme qui en avait alors 7. Quand il avait 1 an, sa famille a quitté le Bhoutan (comme 90.000 autres réfugiés) et sa mère est morte dans un accident de bus lors du trajet vers le Népal.


Il m'explique comment il est arrivé ici à Binayak pour enseigner avec un salaire de 5500 Rs par mois (60 euros) : même au Népal, on ne fait rien avec ca. Il m'a invité à manger chez lui, juste avant mon départ, dans sa maison humide qui le rend malade, lui ainsi que son bébé d'un an. En mangeant le Dal Bath le plus pauvre de ma vie, je priais pour qu'il ne me fasse pas vomir devant eux, cela les humilierait.

undefined Sa femme porte la tristesse sur son visage, et elle éclatera d'ailleurs en sanglot - elle doit pleurer tous les jours. Quant à lui il dissimule assez bien son désespoir - le choc à la lecture de son journal intime n'en est que plus fort. En voyant toute cette tristesse, j'ai realisé que ce serait comme cela toute sa vie, que je ne pouvais rien y faire, et qu'à sa place je serais dans le meme désarois, parce qu'ici, il n'y a pas d'alternative, il n'y a rien, même pour les gens instruits et intelligents comme lui. Pour paraphraser Balavoine : au grand loto de l'Univers, ils n'ont pas tiré le bon numéro.

Puis est venu le temps de partir, ou plutot, je dois l'avouer, de fuir. Un des fondateurs de l'école m'est désigné comme guide et porteur de sac. Une petite cérémonie d'au-revoir est faite avec les enfants, on danse, et j'ai droit à la bénédiction et à la guirlande autour du cou.

Pour que je ne me fasse pas rouler, mon guide a été chargé de négocier tous les prix pour moi, et il m'a été interdit de demander quoi que ce soit. On marchera 4 heures et traversera la rivière Karnali en barque.

undefinedA Tunibagar, le lendemain matin, mon guide, qui est un des co-fondateurs de l'école où je suis venu aider, chargé par le village de veiller sur moi, s'occupe de me négocier le ticket de bus.

Je decouvrirai plus tard qu'il m'a fait payer 2 fois le prix normal. C'était le seul à qui je faisais confiance, cela m'a donc blessé. Mais il ne faut pas juger, ici une roupie est une roupie, et un blanc restera toujours un blanc. On est pas des mêmes mondes, j'ai fait l'erreur de l'oublier.
par Aurélien publié dans : Lieux visités
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Lundi 21 janvier 2008

douanes.JPGMe voilà donc au Népal. Le passage de la frontière indo-népalaise a été plutot original. Depuis Varanasi, j'ai pris le train vers Gorakhpur (144 Rs), et de là le bus vers Sunauli. La frontière se situe à environ 500m de l'arret de bus.

En s'approchant de la frontière, un homme m'interpèle de l'autre cote de la route, à travers le flot de circulation assez dense. Je me demande ce qu'il veut me vendre et l'ignore plus ou moins. Il s'adresse alors à mon trishaw (porteur à velo), et ce dernier m'explique que je dois passer au bureau d'immigration indien. Je jette un coup d'oeil un peu plus attentif, et réalise que le bonhome qui m'interpelle est membre de l'India immigration.

immigration.JPGLe terme bureau d'immigration est à prendre au sens premier du mot bureau, c'est à dire une table de travail, sur laquelle on écrit. Ce bureau se trouve au bord de la route et donne en pleine rue. Moi je suis arrivé sur les coups de midi, donc je n'ai pas eu à réveiller le fonctionnaire qui s'y trouve. Ce dernier m'a fait remplir un petit papier comme ceux qu'on distribue dans les avions, puis a tamponné mon visa.

Autour de lui, plusieurs individus se montrent particulièrement serviables et attentifs à mon égard. On m'explique tout ce dont je vais avoir besoin pour faire mon visa népalais : une photo d'idendité + 30 US$ en cash. On me montre ou je peux faire des photos, et on m'accompagne dans une boutique ou je peux changer mes roupies indiennes en roupies népalaises.

Sans surprise, le taux de change est très mauvais : 1 Rs = 1.5 Re (1 roupie indienne = 1.5 roupie népalaise). On m'explique, papier à l'appui, que les grosses devises indiennes (billets de 500 et 1000 Rs) ne sont pas acceptées au Nepal et que je ne peux les changer qu'ici, que je vais tout perdre, et patati et patata. Moi qui n'ai que des billets de 1000 Rs, j'hésite un peu... Mais finalement je ne change presque rien.
 
frontiere.JPGCoté Nepalais, on acceptera de changer sans sourciller un billet de 1000 Rs au taux de 1.6... J'aurais d'ailleurs du tout changer à ce moment là, car il est effectivement difficile de changer les grosses coupures a l'intérieur des terres, le meilleur taux obtenu à Pokhara est de 1.57.

Le passage de frontière est super relax, on peut aller et venir comme dans un moulin. C'est d'ailleurs ce que font en permanence des centaines d'indiens et de népalais.

Une fois au Népal, j'avance l'heure de ma montre de 15 minutes (qui servent juste à marquer la différence avec l'Inde), et je m'arrete au bureau d'immigration népalais. Atmosphère relax là aussi. Les formalités prennent 5 minutes. Les fonctionnaires sont décontractés et sympas, ils acceptent de tamponner mon carnet de voyage et me souhaitent la bienvenue. Là aussi, à la sortie du bureau d'immigration, tout un tas de rabatteurs proposent marijuana (on est encore dans l'enceinte des douanes...) et tickets de bus un tiers plus cher.

Pokhara.JPGPour ma première etape nepalaise, j'ai choisi Pokhara, la deuxième ville du pays, aux pieds de l'Anapurna (8091 mètres) et en bordure d'un lac. La ville est réputée autrement plus calme et relaxante que Kathmandu, et elle l'est effectivement.

En haute saison elle doit etre très touristique, mais en ce moment, c'est plutot pépère. J'ai pris mon premier repas près d'une grande cheminée, avec un chat et un chien qui dorment a cote - ambiance challet de montagne, un vrai régal après tout ce temps passé dans les bus et les trains.
 
NepalMaoistes.JPGCela dit, le pays n'est pas aussi zen qu'il n'y parait. Une petite révolution maoiste couve depuis 10 ans, et des bombes ont éclaté à Katmandou la semaine derniere.
 
Les élections du mois d'avril prochain dont le but est d'abolir la monarchie font monter la tension. Dans le journal local, quelqu'un expliquait qu'il fallait s'attendre à voir une série d'assassinats politiques très prochainement...

Mais bon au quotidien on ne remarque rien. Je ne me suis pas trop balladé encore, je me la coule douce. Mon objectif à court terme est de prendre du poids et de bien soigner le vilain rhume que je traine depuis 2 semaines.

Ensuite, je vais m'essayer à aller faire un trekking. Je m'équipe en contrefacons de The North Face qui abondent et dont la qualité est surprenante. Puis je vais devoir débourser 2000 Re pour un permis de trek dans le coin, et en avant la grimpette.

Il se peut donc que je mette plusieurs semaines à donner des nouvelles. Avec un peu de chances, je posterai une photo du Yeti!

par Aurélien publié dans : Lieux visités
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Mercredi 16 janvier 2008
KragMagaIndia.JPGPour mon dernier jour a Delhi, j'ai pu m'entrainer avec le petit club qui pratique le Krav Maga en Inde, affilié a l'IKMF. Dans toute l'Inde, ils sont pas nombreux a pratiquer ce sport d'auto défense. Meme a Delhi, on n'était qu'une douzaine. Il faut dire que les tarifs appliqués ne rendent pas la discipline particulierement accessible : j'ai payé 20 euros pour un seul entrainement... Le Krav Maga en est encore a ses balbutiements dans ce pays, et j'ai eu l'impression que c'était avant tout un business. Mais bon, l'entrainement était tout de meme de qualité - un peu court quand meme (1 heure).

Et ensuite je suis allé voir le Taj Mahal. Car finalement je me suis débrouillé pour changer mon billet de train et m'arreter à Agra le temps d'une journée. Cela m'a couté un supplément de 2 euros, on est loin des 70 US$ demandés par les pseudo bureaux d'information pour touristes. Il s'agit plutot de bureaux de désinformation d'ailleurs, puisque tous ceux que j'ai consulté m'ont assuré que les trains étaient complets et qu'il était impossible de réserver une place, sauf si je payais un tarif spécial de 30 euros, pour verser des pots de vin...

TajMahal.JPG Dans une ville qui s'appelle Delhi, on ne peut pas raisonablement espérer une grande honneteté des agences touristiques. La ville est d'ailleurs reputée en Inde pour etre pleine de tricheurs et de menteurs. En me rendant au guichet pour étrangers à la principale gare de Delhi, j'ai été accosté par pas moins de 4 personnes sur 200 metres m'expliquant que je faisais fausse route pour aller réserver mes billets. Ils voulaient tous m'envoyer vers ces bureaux pseudo officiels, ou ils touchent leur comission...

Donc, je suis allé visiter le Taj Mahal - Ca, c'est fait. Je ne suis pas allé voir le Fort, et me suis limité aux 15 euros d'entrée pour le Taj - tarif spécial étrangers. J'ai pas vraiment adoré l'endroit, je m'y suis un peu emmerdé à vrai dire. Le fait d'etre en petite forme parce que encore malade et fatigué a du jouer. Plus je voyage, et moins je visite les lieux à touristes. Je crois que je ne vais bientot plus rien visiter du tout. Enfin bon, c'est le Taj Mahal, il fallait le voir.

Ensuite, le soir j'ai pris le bus pour Tundla, et de là le train pour Varasani (Benares), un haut lieu de pélerinage. Mon train est arrivé tres tot, j'ai donc pu profiter du lever de soleil. Le dernier que j'avais observé était à l'autre bout du pays, au Cap Comorin, au début de mon voyage. Juste avant de finir mon  étape indienne je l'observe à nouveau : la boucle est bouclée!

Gange.JPG J'y ai d'ailleurs retrouvé la meme ambiance, avec les pélerins qui vont se laver dans le Gange, malgré les basses temperatures. Moi je commence seulement à récupérer de mon rhume et à retrouver ma voix, alors je me suis bien gardé de tremper un orteille. Aujourd'hui on ne peut pas faire de promenade en bateau sur le Gange parce que les bateliers font greve contre les taxes trop élevées que le gouvernement applique sur chaque touriste promené...

Varasansi est un endroit sympa ou il est facile de discuter avec les gens. Les prix sont tres corrects aussi, voire étonnement bas au point qu'on cherche ou est l'arnaque et qu'on préferait presque payer plus. Mais bon je n'ai pas trop le temps de profiter du lieu, mon visa se termine dans un jour, alors ce soir à minuit je prends le train pour Gorakhpur et de là le bus pour la frontiere Nepalaise.

En guide de conclusion pour l'Inde, j'ai uploadé une sélection de quelques photos de Bombay à Varanasi.  Elles tentent de retransmettre un peu l'atmosphere de ce pays, qui mélange la propreté et le modernisme du métro de Delhi - un des meilleurs du monde - avec la crasse et la pauvreté des  bidonvilles comme celui de Bombay... Incredible India!
par Aurélien publié dans : Lieux visités
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Samedi 12 janvier 2008
bus-copie-1.JPG
Tout a une fin, sauf la banane qui en a deux! Mon V.I.E est terminé, autrement dit je n'ai plus de boulot depuis le 12 décembre 2007 14h00. Et depuis le 12 décembre 2007 14h01, je suis en plein voyage autour de l'Asie. Je suis toujours en Inde, a Delhi en ce moment, sur le point de bouger vers Varanasi afin d'entrer au Népal avant que mon visa indien n'expire, le 18 Janvier. Je prévois d'aller au Népal en bus, ca a l'air d'etre toute une sacré aventure...


J'ai commencé mon voyage en allant dans le Kerala recevoir un gros calin de Amma, la femme qui prend dans ses bras les gens depuis plus de 30 ans. Plus de 30 millions de personnes ont ansi recu un calin de Amma. Je suis allé recevoir le mien dans son ashram pres de Kollam, dans le Kerala. Drole d'ambiance. C'est une sorte de temple avec de la musique et des chants en continue, c'est assez sympa, ca fait un peu pelerinage. A l'arrivée on nous demande quel est notre nom spirituel...

travel-copie-1.JPGAmma étant présente, le lieu était bondé et extremement animé. Mais sitot partie, l'ashram est devenu desert... J'ai bien aimé, sauf peut etre de me faire snobber par pas mal des occidentaux présents, ceux-la memes qui sont tout de blanc vetu. Je pensais naivement trouver un lieu ou tout le monde est ouvert d'esprit et chaleureux. Finalement, ce lieu n'était pas différent de tous les autres endroits sur Terre, on y trouve de tout.

Apres l'ashram, je suis descendu jusqu'a la pointe sud extreme de l'Inde, j'ai nomme Kanyakumari (Cap Comorin), l'endroit ou se rencontrent 3 mers, le soleil et la lune... Le seul truc a faire la bas est de se lever vers 5h du matin pour rejoindre le flot de pelerins indiens (pas un seul étranger!) qui se dépechent d'atteindre le bord de mer pour y boire un thé en scrutant l'horizon afin d'etre le premier a voir se lever le soleil.


varkala.JPGEnsuite je suis remonté vers le Kerala et me suis arreté quelques jours a Varkala, le temps de bruler au soleil dans ce coin assez touristique. Puis j'ai continué ma remontée jusqu'q Bangalore, pour Noel. Juste avant de m'y rendre, je suis pas hasard tombé sur le site internet d'un indien avec qui j'avais discuté par mail il y a plus de 3 ans.

A cette époque, il venait de developper un logiciel et le proposait en libre téléchargement. J'y avai jeté un oeil et y avait effectué quelques modifications. Nous en avions un peu discuté avant de perdre contact. Depuis, son petit logiciel est devenu un produit professionel : il a créé son entreprise et embauché des developpeurs. Nous nous sommes rencontrés a Bangalore, et avons discuté de tout cela, de la situation en Inde, etc... Vraiment intéressant, et totalement inattendu.

haircut.JPGEnsuite je me suis mis en route pour Goa, le petit Ibiza Indien, reputé pour sa musique techno Trance. Il y avait d'ailleurs un gros festival techno, ou Karl Cox est venu jouer.

Je suis resté pres d'une semaine entre Vagator et Anjuna, et feté le nouvel an sur la plage en dessous des feux d'artifice. Pour l'occasion je me suis fait faire une coupe de cheveux spécial 2008. On a pu danser jusqu'a 5h du mat ce soir la, mais les autres soirs ca n'a pas été possible. On reste en Inde, et passé 22h/minuit, il est assez difficile de trouver un endroit ou aller, a moins de débourser beaucoup d'argent pour l'entrée, ainsi que pour les taxis qui se gavent royalement durant cette période.

goa.JPGEnsuite je me suis rendu a Mumbai (Bombay). C'est la premiere fois depuis que je suis en Inde que j'ai un véritable choc. J'ai vraiment eu le sentiment pour la premiere fois dans ma vie d'etre dans une tres grande ville. J'ai aussi pour la premiere fois vraiment vu la misere telle qu'on l'entend décrite. C'est a dire des kilometres de bidonville.


La premiere fois que je suis allé a Paris en train, j'ai été choqué de voir de nombreux SDF vivant dans des tentes sous les ponts, ou en pleine rue. J'avais trouvé ca honteux pour la France.


Je m'étais souvenu de cela quand je venais d'arriver en Inde, a Salem, et que je voyais quelques personnes vivant dans la rue, mais pas énormément. J'avais trouvé que finalement, ils étaient pas plus nombreux que nos SDF en France, si on ouvrait un peu les yeux.

Mais a Bombay, c'est clairement la categorie au dessus. En voyant ca, je me suis fait la réflexion qu'il n'y avait aucun moyen de changer cela, c'est trop, beaucoup trop. Je n'ai pas la moindre idee de ce qu'on pourrait faire, meme avec beaucoup de "si...".

Mais l'Inde est un pays d'extremes. Elle continue d'avancer a grands malgré tout. Ce qui a fait sensation ici c'est l'annonce de la Tata Nano, la voiture a 2000 euros. C'est moins cher qu'un Rickshaw, ces petits véhicules rudimentaires a trois roues (touktouk) qui font les taxis un peu partout.

Les autorités se plaignent que tout le monde va acheter une voiture au lieu d'une moto, et que les routes, déja engorgées, vont devenir totalement impraticables... La Tata Nano sortira en octobre, on verra comment son apparition sur le marché va impacter la vie locale...

L'autre sujet d'actualité est la venue de Nicolas Sarcozy, accompagné de sa nouvelle petite copine, et non pas de sa femme. Et ca, ca pose un gros probleme aux indiens. Que faire de cette femme qui n'est pas la premiere dame de France ? Comment la traiter ? Et si elle était une espionne ? (!)

Moi je suis un peu loin de tout cela, un peu déconnecté. Ma préoccupation du moment est comment rajoindre le Népal au plus vite, pour pas trop cher, et sans mourir de froid. Je suis a Delhi, et je suis aphone. J'ai bien sur attrappé froid en route.

Je viens de renoncer a aller voir le Taj Mahal, les trains sont complets et les "agences touristiques" (spécialisées dans le dépouillement de votre porte monnaie) m'annoncent des prix trop élevés. Alors tans pis pour le Taj, une autre fois. Je me suis acheté des gros pull a la place.

Voila pour les premieres news de l'année. J'en profite pour tous vous souhaiter une bonne année 2008 et vous adresser tous mes meilleurs voeux de bonheur! Om Shanti!
par Aurélien publié dans : Lieux visités
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Dimanche 23 septembre 2007

"La vie est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber" disait très justement la maman de Forrest Gump. Ces quelques jours passés à longer la côte Ouest de la Malaisie ont été riches en découvertes et bonnes surprises.

J'ai terminé mon errance à Kuala Lumpur, la capitale du pays. Les tours jumelles Petronas sont naturellement le symbole de cette ville, et même du pays. Il faut dire qu'elles en imposent, en particulier de nuit, lorsqu'elle sont illuminées par le puissant flash de mon nouvel appareil photo.

Avec leurs 452 mètres et leurs 88 étages, elles sont légèrement plus hautes que l'Empire State Building. Elles semblent incarner la volonté de modernisme de ce pays afin d'atteindre les objectifs de
Wawasan 2020 (Vision 2020), un plan de développement ambitieux lancé en 1991 par le Premier ministre et visant à faire de la Malaisie un pays développé en moins de trente ans.

Au passage, je me suis amusé de cette tendance qu'ont les peuples depuis la préhistoire à bâtir des monuments somme toute assez phalliques, s'élançant toujours plus haut à la conquête des cieux, tels des hérauts d'une fierté nationale qu'ils incarnent : "c'est nous qu'on a la plus grosse (tour)".


Notre bonne vieille tour Eiffel a maintenant du mal à être de taille, mais j'ai réalisé qu'elle pouvait tout de même se targuer d'être un des rares monuments du genre à avoir une dimension principalement culturelle et non pas immobilière / financière.

Et oui, l'essentiel de la surface "habitable" de notre vieille dame est consacré à héberger des restaurants gastronomiques, tout un symbole...

C'est peut être ce qui en fait sa magie, et qui explique qu'on la retrouve en photo jusque dans les Bistro Délifrance de Kuala Lumpur ou Singapour.

Avant d'arriver à Kuala Lumpur, je me suis arrêté à Malacca puis à Penang, situées sur la côte Ouest. Chacune de ces villes a été pour moi l'occasion de découvrir la culture chinoise, car c'est dans cette partie du pays que se concentrent la majorité des "Chinois de Malaisie" comme l'un d'entre-eux aime s'appeler.

Car il y a les chinois de Chine bien sûr, mais aussi ceux de Hong Kong, de Taïwan, ... et ceux de Malaisie. Ils ont certes des ancêtres en commun, mais la distinction serait aussi forte qu'entre nous et les Québécois par exemple.

A Penang j'ai assisté à un opéra Chinois, et à Malacca j'ai suivi les cours d'un maître de thé. Un maître de thé est quelqu'un qui enseigne l'art de bien préparer le thé.

Avant d'assister a ces cours, je n'aimais pas le thé, et  depuis, je ne l'aime toujours pas. 
Mais je ne regrette pas cette initiation à ce qu'il convient d'appeler une cérémonie, dont le but est d'apporter la paix en purifiant le corps et l'esprit. "Parce que la vie est tellement courte, alors pourquoi perdre du temps à se disputer ?". Tout cela dans un verre de thé, qui l'eut cru.


Dans chacune de ces villes, j'ai eu la chance de rencontrer de véritables personnages avec qui j'ai eu des discussions vraiment instructives et d'une grande sincérité.

En particulier, on m'a expliqué la différence entre les occidentaux et les asiatiques. "Un asiatique, quand il est gentil avec toi, tu n'as pas à être gentil avec lui.", comprendre qu'il rend service sans rien attendre en retour, pas même de la reconnaissance...

J'ai aussi eu droit à un cours sur l'histoire des relations entre la Chine et les britanniques, en particulier la guerre de l'opium. J'ai réalisé qu'en Inde, il ne semblait pas exister de ressentiment anti-britannique, alors qu'il existe en Malaisie au moins chez ceux qui ont vécu "l'occupation", c.a.d les plus anciens.



Mais
maintenant tout cela relève du passé, car la Malaisie est un état indépendant depuis tout juste 50 ans. Ce 31 août 2007, c'était en effet la 50eme Merdeka (la fête nationale). C'était visiblement un événement très attendu vu le nombre de drapeaux affichés. J'ai ainsi vu des façades d'immeubles où chaque balcon était décoré d'un drapeau de la Malaisie.

Le soir J, il y avait beaucoup de monde dans les rues pour assister aux divers feux d'artifice, qui étaient d'ailleurs très réussis.

Je suis rentré le lendemain à Singapour en train de nuit. En me rendant à la gare, j'ai été amusé par un panneau d'interdiction affiché dans le métro local. Je le 
mets en guise de conclusion, vu que je suis en panne d'inspiration, et que je poste avec beaucoup de retard ce billet. Mais c'est promis, la suite de ma découverte de l'Inde se fera attendre moins longtemps :-)


J'en profite aussi pour vous remercier pour vos encouragements en général et vos messages de soutien suite à mon accident en particulier. Ce "break" à Singapour et en Malaisie m'a permis de prendre du recul sur tout ça. Je me suis aperçu que j'avais été pas mal choqué en fait, pas tant par l'accident que par certaines scènes auxquelles j'ai assisté à l'hôpital. En tous cas je pense avoir définitivement tiré un trait sur tout cela, et m'être réconcilié avec l'Inde.

En ce qui concerne Sophie, elle va bien, elle a bien récupéré, elle remarche correctement, et tout est bien qui se fini bien pour elle aussi.

par Aurélien publié dans : Lieux visités
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Dimanche 19 août 2007
Après New York, New York, voici Singapour, Singapour. Singapour (+8h de décalage horaire) est a la fois une grande ville et un tout petit pays de 4.6 millions d'habitants. C'est là que j'ai atteri samedi dernier afin d'occuper mes 2 semaines de congès imposées par ma boite en août (dure la vie).

Demain je me mets en route pour un petit périple en Malaisie, dont je ne sais toujours pas exactement de quoi il sera fait. L'idée est de terminer à Kuala Lumpur (la capitale) pour la fête nationale, c'est à dire le 31 août. Je vais commencer par longer la cote ouest, et pour la suite, on verra.

forbidden.JPGArrivant d'Inde (via Colombo, Sri Lanka), le dépaysement n'en n'est que plus marqué. A Singapour, la vente de chewing-gum est interdite afin de limiter leur nombre sur les trottoirs, il est aussi interdit de manger ou de boire dans le MRT (le metro local), et vous pouvez même avoir une amende si vous ne tirez pas la chasse d'eau.

Moi je suis un d'jeunz qui ne respecte rien, alors hier quand on m'a proposé du chewing-gum de contrebande, j'en ai pris un sans hésiter. Et je me suis aussi risqué à tenter un panier à 3 points dans une poubelle publique. Si mon papier était tombé à coté dans la rue, j'aurais pu prendre 500 euros d'amende - ouh lala quel frisson. Heureusement je suis habile de mes mains, et avec les sous ainsi économisés je suis allé m'acheter un nouvel appareil photo.

Singapour est une ville super moderne. Bien que je n'y sois pas (encore) allé, elle me fait penser à Hong Kong. D'ailleurs, ces deux villes ont pour point commun de faire partie des 4 Dragons asiatiques.

Autre point commun, c'est le paradis de l'électronique. J'aime penser que j'ai payé mon nouvel appareil photo 30% moins cher comme j'ai pu le lire ici et là. Dans les faits, je l'ai déjà trouvé 10% moins cher dans d'autres boutiques, et encore moins sur internet. Mais ce qui compte c'est que je suis super content de mon nouveau Sony Cyber-shot T20, il est nickel, c'est le plus beau, je dors avec la nuit.

merlion.jpgSingapour est la deuxieme ville la plus densement peuplée au monde, derrière Monaco. Du coup, le prix des loyers est proche de ceux pratiqués dans notre capitale, alors que le coût de la vie est plutot deux fois moindre.

Moi je ne paye pas de logement, parce que je suis gratuitement hébergé chez l'habitant via le site CouchSurfing. L'idée de CS et des autres sites du genre est d'utiliser votre canapé pour dépanner des voyageurs de passage. Si cela vous inspire génial, un super moyen de rencontrer des gens des quatres coins du monde, alors vous avez le CS spirit.

Quelles sont les règles ? Qui faut-il heberger ? Comment on fait ? Et bien, comme vous êtes chez vous, donc vous faites comme vous le voulez. Mais pour vous donner une idée, voici comment ca se passe ici à Singapour.
csdinner.JPGChyka est une Singapourienne qui m'a contacté via le site car elle avait vu que je préparais un voyage dans sa ville. Après avoir échangé quelques mails, me voilà hébergé chez elle, plus précisement dans la chambre ou elle dort habituellement avec sa soeur.

Elle est venue me chercher à l'aéroport, m'a convié à des soirées ou à faire du shopping jusqu'a 3h du matin alors qu'elle travaillait le lendemain. Je rédige actuellement ce billet depuis son ordinateur pendant qu'elle dort par terre dans le salon, en compagnie de ses parents, de son grand-père et de sa soeur.

Je crois que ca résume assez bien le genre de leçons d'hospitalité que j'ai reçu au travers de ce site (il y en a beaucoup d'autres). Je ne voyage plus que comme cela depuis que j'ai decouvert ce concept il y a un an. J'ai rencontré des gens tout simplement extraordinaires.

try.JPGCertains hébergent en moyenne plus de 15 personnes par mois, d'autres vous expliquent les règles de leur maison "Règle numéro 1 : il n'y a pas de règle. Tu as faim ? Ouvre le frigo et sers toi. Tu veux laver ton linge ? La machine à laver est ici", et beaucoup vous confient le double des clés "va et viens comme tu veux".

Alors, prêts à tenter l'aventure ?

Au passage je donne le lien vers mon profil, les plus curieux y trouveront des photos de ma tête.
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Jeudi 10 mai 2007
Me voilà donc à Salem, dans le Tamil Nadu :



Tamil Nadu signifie Pays Tamoul, mais si on m'avait dit que cela voulait dire Pays des moustachus, je l'aurais cru. Car ici tout le monde porte la moustache. Tout le monde, sauf moi.

Le Tamil Nadu est l'un des 28 états de l'Inde, situé a l'extremité sud du pays. Un peu plus de 60 millions de personnes y vivent, soit presque autant qu'en France, mais sur une superficie 5 fois moindre. C'est donc un lieu à l'image de l'Inde : il y a du monde partout.

On y parle surtout le Tamoul, et dans une certaine mesure l'anglais. Mais sur ce point j'ai arrêté de faire des phrases longues et correctement construites. Il vaut mieux parler comme Tarzan, on a plus de chances d'être compris, sauf si la personne a suivi des études bien sûr. Mais c'est rarement le cas des vendeurs et serveurs.

La capitale de cet état est Chennai, anciennement Madras. Avec presque 7 millions d'habitants, c'est la 4eme ville d'Inde. C'est là que mon avion a atterit, en provenance de Francfort, après environ 9h de vol (en plus des 2h pour faire l'escale Paris-Francfort). Il y a 3h30 de décalage horaire (en plus) en ce moment.

Je suis à Salem, une ville qui n'a rien à voir avec les sorcières de Salem soit dit en passant. C'est une ville de 700.000 habitants, réputée dans divers domaines : production d'acier, d'alluminiun, ... ainsi que pour ses mangues. D'ailleurs, le mot mangue est un mot d'origine tamoule. Par contre ce n'est pas du tout une ville touristique (elle ne figure d'aillleurs pas dans les guides).

Il y fait chaud : la température oscille entre 30 et 40 degrés celsius. Il faut dire qu'ici, en Mai, on est en plein dans la saison chaude.

Je suis donc en Inde du sud, qui est assez différente de l'Inde du nord, à laquelle on est davantage habitué par chez nous. La nourriture y est différente par exemple, plus épicée. C'est d'ailleurs une de mes plus grosses interrogations au sujet de ma capacité d'adaptation à ce pays. On verra bien.
par Aurélien publié dans : Lieux visités
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Mardi 8 mai 2007
J'ai profité de mon week-end a Pondichéry pour aller jeter un oeil à Auroville, situé a quelques kilomètres. Je suis allé au Visitors Center chercher un pass gratuit pour aller voir la grosse curiosité du coin : le Matrimandir. Au passage, je me suis bien fait grillé dans la file d'attente, d'une manière assez énorme. C'est comme ca ici, tout le monde passe devant tout le monde. On se fait avoir au début, et puis ensuite, on fait gaffe, voire on fait pareil.

Donc, le gros truc à voir (de loin) à Auroville, c'est le Matrimandir :

matrimandir.JPG

C'est une grande salle de méditation, optimisée pour concentrer les énergies positives à l'intérieur de laquelle se trouve la plus grosse boule de cristal du monde (70 cm de diamètre).

Le Matrimandir forme le centre d'Auroville. La ville s'étend ensuite sous forme d'une spirale galactique, et a pour vocation d'être le lieu d'une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités. Ca fait un peu penser à une secte, mais comme il n'y a pas de religion, ca se discutte.

En tous cas, l'histoire de cette ville est assez intéressante. Il faut savoir qu'à la base il n'y avait rien du tout à cet endroit. Le moindre arbre présent a été planté. Les plus curieux peuvent lire l'article dédié sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Auroville.

Les francais forment une des plus grosses communautés d'Auroville. De mémoire ils sont un peu plus de 300. On y trouve aussi pas mal d'autres nationalités, ce qui fait qu'on trouve ici des produits occidentaux qu'on a peu de chance de croiser ailleurs en Inde : pains au chocolat, ...
par Aurélien publié dans : Lieux visités
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Dimanche 6 mai 2007
A peine nos bagages récupérés à l'aéroport de Chennai, moi et mon boss avons pris un prepaid taxi pour nous rendre à Pondichéry, à 165 Km de là. La route qui relie les deux villes est l'une des meilleures de la région. Le trajet nocturne a duré 2h30, et m'a mit dans l'ambiance de la conduite indienne. On a commencé par croiser un camion qui roulait a contre-sens dans Chennai, et le reste du trajet notre chauffeur a préféré rouler en plein milieu voire complètement à droite de la route (sachant qu'ici on roule à gauche), en se rabattant à gauche au dernier moment.

Je n'ai pas très bien compris le système de code lumineux utilisé : les voitures d'en face ont tendance à éteindre complètement leurs phares une centaine de mètres avant qu'on les croise puis à les rallumer au dernier moment. C'est pour réveiller le conducteur qui arrive semble-t-il. Je veux bien le croire, vu que le notre a pas mal lutté pour rester attentif, et que je me suis (vraiment) vu dans le fossé au moins une fois. Mais bon, force est de constater qu'on est arrivés sains et saufs, à 4h du matin.

Nous avons dormi dans un hôtel en bord de mer. Cet hôtel a été fortement détruit par le tsunami de décembre 2004. Les côtes du Tamil Nadu ont en effet été particulièrement touchées. Les pêcheurs sont bien sûr ceux qui ont payé le plus lourd tribut : décès, maisons et barques détruites... Mais il faut aussi savoir que les deux vagues successives ont pénétré jusqu'a 700 mètres a l'intérieur des terres, ce qui rend les sols incultivables encore aujourd'hui. Des projets de désalinisation sont en cours (en cultivant des plantes spéciales).

Le soir, nous avons quitté Pondichéry pour Mahabalipuram (Mamallapuram), un coin assez touristique entre Pondy et Chennai. Avant d'aller me coucher, je me suis joint à un groupe de jeunes qui improvisaient un sitting sur la plage autour d'un feu, non loin des pêcheurs qui dormaient à même le sable. J'ai pas mal discutté avec tous les voyageurs qui étaient là. Ils sont tous tombés malades au bout d'une ou deux semaines. Hum...

Le lendemain midi, nous sommes allés manger chez un pêcheur qui avait conduit mon boss et un ami à lui plonger en pleine mer. Il nous explique comment il fait pour localiser au mètre près le lieu de plongée situé a 7 Km des cotes : il choisit des points de repère qui s'alignent parfaitement de manière à tracer 2 lignes virtuelles qui se croisent sur le lieu dit. Ce système de repérage s'appelle une amer. Plutot épatant.

On était tous assis par terre autour des plats. Mon boss m'a appris à manger avec les doigts (et oui, il y a une technique!), et uniquement avec ceux de la main droite s'il vous plait. Car ici, tout comme dans de nombreux pays d'Afrique, la main gauche est impure car réservée à un usage beaucoup plus intime (si vous ne voyez pas de quoi je parle, demandez vous comment vous feriez pour vous essuyez les fesses sans papier toilette). Pas évident de manger d'une main sans trop se salir les doigts (pour ne pas passer pour un goret). En tous cas, je n'ai pas trouvé comment décortiquer les crevettes avec une seule main. A part ca, le poisson ultra frais était bien bon.

Puis on est rentré a Pondichéry. C'est une ville dont l'histoire est marquée par la présence francaise. C'est là que se trouve le consulat. Je m'y suis enregistré et y ai appris le résultat des élections présidentielles. Le nombre de votes enregistrés ici était d'ailleurs affiché : 222 voies pour N. Sarkozy et 211 pour S. Royale. Pas mal de francais dans les environs donc.

Et pourtant, quand je me suis balladé seul dans la ville, j'ai un peu eu l'impression d'être la curiosité du coin. Entre les gens qui se retournent en rigolant, ceux qui interpellent leur ami pour me montrer, et ceux qui m'attrapent la main pour la serrer, cela fait une drôle d'impression quand même. Est-ce le fait d'être occidental ? Ou le fait de porter un longhi alors qu'autour de moi la majorité des indiens est en pantalon ?

En discutant avec un indien, j'aurais droit à une remarque à ce sujet qui me glissera la puce a l'oreille : "C'est très confortable n'est-ce pas ? Moi aussi j'en porte un, à la maison." Hum, à la maison qu'il a dit... Ok, je crois que j'ai compris, en fait je me promène depuis 3 jours en pyjama. Plus tard, j'apprendrais que le longhi n'est effectivement pas porté en ville, à part par les plus pauvres.

Je me dit que c'est pour cela que je sollicitais autant d'attention. Parce que là, on est à Pondichéry, une ville touristique fréquentée par beaucoup d'occidentaux. Je n'ose pas imaginer ce que ca sera a Salem, une ville où mon boss m'a dit qu'il n'y avait quasiment pas d'autres occidentaux que nous...
par Aurélien publié dans : Lieux visités
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