Mardi 22 mai 2007
Il parrait que Salem est réputé pour son électricité. Je ne sais pas si c'est pour sa production, ou ses coupures. Car il y en a souvent. Quand il pleut un peu fort déjà, c'est systématique : ils coupent. Le reste, ce sont de petites interruptions qui durent entre 5 minutes et une heure. Des fois il n'y en a pas de la journée, mais plus régulièrement il y a en une dizaine.

Pour pouvoir continuer à travailler (je précise que ce n'est pas mon idée), nous sommes équipés d'onduleurs, UPS en anglais. Un UPS, c'est une petite boite assez lourde sur laquelle on branche son ordinateur, et qui émet une sirène stridente quand l'électricité vient a manquer et que sa batterie prend le relais. Alors, quand cela se produit, j'ai un peu l'impression d'assister à un dialogue entre onduleurs, qui essayent de communiquer entre pièces interposées. Le premier émet des bips, le second lui répond, et puis ca s'inverse. Je ne peux pas m'empêcher de me demander ce qu'ils se raccontent. Est-ce qu'ils complotent ?

Une fois par mois il y a aussi une coupure générale, planifiée celle-ci, pour cause de maintenance. Aujourd'hui, il y en a eu une, et elle a durée a peine plus que ce qui était prévu, soit un peu plus que toute la journée. Il parrait que c'est ainsi tous les derniers mardi du mois. Sauf que, si aujourd'hui on est bien mardi, on n'est pas le dernier mardi du mois. Mais bon, je perds l'habitude de m'attacher a ce genre de détails.

Du coup, en ville, les feux de circulation ne fonctionnent plus, et à la maison, il n'y a plus de ventilateur ni de climatisation. Nous, on transpire sans pouvoir rien faire, mais les indiens eux, savent s'adapter. Il suffit de se promener dans la rue pour entendre de bruyants groupes électrogènes assurer le relais. Et le soir, même les petits vendeurs sur le bord de la route ont une lampe a gaz pour éclairer leur étalage de légumes.

A la maison, on a aussi notre lampe de secours. C'est une lampe magique qui s'allume toute seule quand il n'y a plus d'électricité. C'est bien pratique, car il fait complètement noir dans la maison passé 19h. Et puis, j'ai pris l'habitude d'avoir a proximité de moi ma lampe frontale, que j'avais mise dans ma valise et qui me dépanne bien. Ouai, j'ai vraiment bien fait de l'emporter celle-là.
par Aurélien publié dans : Le quotidien
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Lundi 21 mai 2007
Aujourd'hui, Bibi, notre contact local, m'a emmené sur sa moto afin d'acheter un détendeur de gaz et un tuyau pour raccorder la bouteille de gaz aux plaques de cuisson, histoire de pouvoir cuisiner un peu.

Dans ma conception des choses, c'était simple : on va dans un endroit où ils vendent des détendeurs, on en achète un, et puis voilà. Sauf que, je découvre petit à petit que les choses ne se passent pas comme on se l'imagine par ici. La boutique en question n'a pas voulu nous vendre de détendeur, parce qu'on était censé en avoir déjà un (qui a été égaré). Et pour en avoir un nouveau, il faut d'abord faire une déclaration de perte à la police, qui donne ensuite un papier spécial, qui permet enfin d'acheter un nouveau détendeur.

Pourquoi cette contrainte ? Et bien, il semblerait que l'Etat indien subvensionne en partie l'achat de détendeurs afin d'équiper les chomières de matériel correcte et réduire les accidents. Et pour éviter les abus, il faut passer par le commissariat pour tout achat supplémentaire. Sauf que ici, passer par le commissariat rime avec se faire racketer (du montant de la subvension je présume).

On s'est donc rabattu sur une petite boutique qui vend des détendeurs compatibles pour pas trop cher (10€ avec le tuyau tout de même, c'est une jolie somme ici). Je n'ai pas très bien compris si c'était parfaitement légal, mais bon, j'ai pu avoir ce qui me manquait pour pouvoir cuisiner un peu.

Car on vend des pates par ici, directement importées d'Italie, et depuis que j'ai découvert ca je suis impatient de pouvoir faire bouillir de l'eau. Reste a résoudre le problème de l'accompagnement, car ici il n'y a pas de Parmesan ni de sauce bolognèse. Et pas moyen de trouver du boeuf non plus (sous forme de steak) pour essayer d'en créer une. Bref, je ne suis pas encore au point, mais petit a petit, je progresse...
par Aurélien publié dans : Le quotidien
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Dimanche 13 mai 2007
A Salem, comme dans pas mal d'autres endroits en Inde apparement, l'eau est gérée d'une manière assez particulière. Derrière la maison se trouve une cuve, reliée au réseau d'eau de la ville. L'intérieur fait un peu penser à Fort Boyard, on a envie d'y plonger chercher la clé :
 
cuve.JPG
Sur cette photo, on peut voir l'eau de la ville qui arrive et remplit la cuve. Cet événement ne se produit qu'une fois par semaine en ce moment (période sèche), le dimanche en général.

eau-ville.JPGL'eau de la ville arrive depuis un tuyau visible à l'extérieur de la maison. Les bouts de ficelle et de chambre à air, c'est ce qui sert de raccord, car le tuyau est cassé.

Bien sûr, ça fuit. Mais comme la plupart du temps il n'y a pas d'eau, et que de toutes façons si elle n'est pas perdue ici elle le sera dans un puit, ce n'est pas bien grave.

Par contre cet espèce de ruisseau qui coule devant notre maison (ce ne sont pas des égouts), c'est la raison pour laquelle on a des moustiques :-/

cuve-sol-pleine.JPG
En tournant le robinet situé au fond de la photo, on permet à l'eau de la ville de remplir la cuve du sol au lieu d'aller couler dans le puit. Il n'y a pas de trop plein, donc il faut surveiller de temps en temps si on ne veut pas se retrouver avec un petit ruisseau autour de la maison.


Une fois que la cuve est pleine, on ferme donc le robinet. Mais l'eau continue d'arriver tant que la ville en a décidé ainsi. Elle va alors couler dans le puit, en pure perte, car il n'y a aucun robinet pour contrôler l'eau dispensée par la ville.


puit-pompe.JPG
La photo de gauche montre le puit dans lequel tombe l'eau. Notez qu'on a déjà moins envie de s'y baigner.


Sur la photo de droite on peut apercevoir la pompe électrique qui sert à remplir une autre cuve située sur le toit.

C'est de cette seconde cuve que provient l'eau qui coule dans nos robinets.



cuve-toit.JPG
Alors, le dimanche, quand on entend l'eau tomber dans le puit, c'est le signal qui nous indique qu'il y a de l'eau et qu'il est temps de remplir les cuves.

En fonction des robinets ouverts, la pompe va pomper soit l'eau de la cuve du bas, soit l'eau du puit. Mais il vaut mieux éviter cette seconde option.

Le puit est là pour servir de secours dans le cas où les deux cuves sont vides. Mais on a de quoi voir venir quand même.



cuve-toit-pleine.JPGQuand la cuve du toit est pleine, l'eau déborde et retombe directement sur le sol à côté du puit. C'est le signal qu'il faut arrêter la pompe.

Donc, si vous avez suivi, vous devriez avoir compris que l'eau des robinets de la maison provient d'une cuve située sur le toit, où elle reste à croupir des jours sous le soleil. Voilà pourquoi il n'est pas recommandé de la boire, ni de se laver les dents avec ou même d'ouvrir les yeux en se douchant.

C'est vrai qu'elle sent un peu le moisi. Mais bon, en mettant un peu de poudre chlorée, ca améliore les choses. Pour le reste, on utilise de l'eau minérale ou des bombonnes d'eau filtrée.

Avec ce système, il n'y a pas de compteur d'eau. Il semblerait que les habitants de Salem payent l'eau sous forme d'une taxe une fois pas an.
par Aurélien publié dans : Le quotidien
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